Faire publier son livre : des plateformes révolutionnaires ?

Bookly.com

Comment faire publier son livre ? Sur internet, de nouvelles plateformes proposent de l’édition participative et de l’édition à compte de lecteurs. De quoi s’agit-il vraiment ?

« Plus de deux millions de personnes écrivent en France, mais la majorité n’est pas publiée ». Pour Alexandre Billaud, co-fondateur du site d’édition participative Bookly, le constat était simple. Avec deux associés, venant de divers horizons, du marketing, de la publicité et de la finance, il a alors lancé, le 27 mars dernier, le site d’édition participative, Bookly.fr. Ce dernier permet aux auteurs de publier leur manuscrit, grâce au financement des internautes, à l’instar de My Major Company Books.

Les éditions participatives

MyMajorCompany Books a été le premier à lancer ce principe en France, en mai 2010. Cette plateforme d’édition participative est le fruit de la fusion entre My Major Company (qui permet aux internautes de produire un chanteur) et de XO Editions qui publient notamment Guillaume Musso. Les auteurs peuvent ainsi proposer des extraits de leur manuscrit aux internautes qui ont la possibilité d’investir dans le livre afin de le publier. Mais, tous les manuscrits n’ont pas la chance d’être soumis à l’investissement des internautes puisqu’une sélection est d’abord effectuée par MMC Books et la maison partenaire XO Editions. Une fois passé le « banc d’essai », le manuscrit doit être financé par les internautes à hauteur de 20 000 €. Les lecteurs deviennent alors co-éditeurs du livre en investissant des sommes allant de 10 à 500€. MMC Books et XO Editions publient environ 5 livres par an. Leur trois premiers livres ont été publiés 6 mois après l’ouverture du site. Par exemple, Cendrillon à Hollywood d’Elena Klein a été vendu à plus de 6 000 exemplaires. Les droits d’auteurs, assez avantageux, s’élèvent à 10%. Les internautes qui ont investis dans le projet touchent eux 25% sur les ventes.

De son côté, Bookly, qui vient de se lancer met davantage l’accent sur le choix des internautes, puisqu’il ne fait pas de préselection des oeuvres : « On ne propose pas aux internautes d’investir dans un manuscrit déjà complet et commercialisable, préselectionné par un comité obscur. On laisse la chance à tous les auteurs. On refuse simplement les oeuvres qui ne respectent pas les bonnes moeurs », précise Alexandre Billaud. Bookly, espère publier une centaine d’ebooks et une vingtaine de livres papier par an. En effet, Bookly propose deux formes de publication. Une première numérique si le livre atteint 5 000 euros d’investissement. Ensuite, un nouvel appel à investissement débute, avec une publication papier à la clé, co-éditée par les éditions Prisma. 15 000 € supplémentaires sont nécessaires à cette publication plus traditionnelle. Là aussi, les rémunérations sont attractives, tant pour l’auteur (15% pour l’édition numérique, 11% pour l’édition papier) que pour l’internaute-investisseur, avec 50% des recettes qui lui reviennent. Aujourd’hui, Bookly en est encore aux prémisses de l’édition participative, avec quatre projets en attente d’investissements. « Nous sommes encore dans une phase d’apprentissage et de rencontre avec les auteurs qui se posent beaucoup de questions sur notre site », conclut le co-fondateur de Bookly.

L’édition à compte de lecteurs

Une nouvelle plateforme pour aider les auteurs à se faire publier a vu le jour le 2 avril 2012. Bibliocratie.com se distingue de l’édition participative de Bookly et de MMC Books en proposant de l’édition à compte de lecteurs. Selon les fondateurs du site, le principe de ce type d’édition est de se distinguer de l’édition à compte d’auteurs et de l’édition à compte d’éditeur, qu’ils décrivent comme « l’apogée du règne des banquiers du livre ». L’édition à compte de lecteurs permet donc à l’auteur de financer son projet grâce aux contributions des potentiels lecteurs qui croient en lui.

Une souscription plutôt qu’un investissement

A la manière de MMC Books et de Bookly, les auteurs proposent sur Bibliocratie des extraits de leur manuscrit. Les lecteurs qui ont un coup de coeur peuvent financer le projet, et si un certain seuil est atteint, le livre sera publié. La grande différence est pour les lecteurs-souscripteurs. Ils n’investissent pas d’argent dans le livre, ils l’achètent, avant que ce dernier soit publié. C’est une avance faite à l’auteur qui lui permet de financer l’édition du livre. Les lecteurs ne touchent pas de pourcentage sur les ventes puisqu’il ne s’agissait pas d’un investissement. Ils reçoivent simplement le livre « commandé » à l’avance une fois ce dernier publié. Le prix de chaque livre est fixé indirectement par l’auteur en fonction des objectifs financiers qu’il définit librement. Ces derniers devront couvrir les frais de publication, la commission de 17% de Bibliocratie et, éventuellement, des bénéfices pour l’auteur. Bibliocratie effectue alors un devis pour fixer le prix du livre en divisant cet objectif financier par le nombre de contributeurs à atteindre. Bibliocratie précise aux auteurs qu’ils doivent rester réalistes et éviter d’avoir un objectif de 50 000 participations à 50 €. D’autant plus que ces objectifs sont à atteindre dans un délai de 55 jours maximum après la mise en place du projet. Ces nouvelles plateformes vont-elles faciliter la publication d’un roman ? Il est encore trop tôt pour le dire, et il s’agit maintenant pour ces sites de faire leurs preuves.


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11 thoughts on “Faire publier son livre : des plateformes révolutionnaires ?

  1. Zacharie

    A première vue, on dirait également que Bookly est centré beaucoup plus sur l’ebook que sur le livre papier (0 projet papier sur le site).

    Question de rentabilité ?

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  2. Bibliocratie

    Chez Bibliocratie, les internautes sont des lecteurs et non des investisseurs. 83% des bénéfices pour l’auteur (7% de TVA, 10% pour Bibliocratie). Ailleurs, comme chez MyMajorTruc, les internautes sécurisent l’investissement des producteurs, assurés de leurs profits en 2.0 : pour les auteurs, c’est de 10 à 15 %. Choisissez votre modèle !

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  3. Talents - Fred

    Bonjour
    De nouveaux modèles économiques fort surprenant et intéressant.
    Toutes les méthodes qui peuvent promouvoir l’édition de livres – au sens large – et bonne à prendre. Après aux auteurs et lecteurs de faire leurs choix – ils sont au final les seules jugent.

    Frédéric

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  4. Larrivière Fabienne

    Je trouve cela excessivement cher 5000 € pour une version numérique et 15000 € pour la version papier. Moi, j’ai choisi l’auto-édition en m’adressant directement à un imprimeur et éditer 100 exemplaires de mon roman de 360 pages m’a coûté 10 fois moins cher qu’une version numérique. Bien sûr, je dois endosser tout le boulot et assurer promotion et diffusion en solo mais franchement, je préfère ma méthode qui est nettement plus rentable, et pour l’auteur et pour le lecteur. Sans parler de la totale indépendance et de l’impact écologique, je n’imprime que ce qui peut se vendre. De plus, dans le système proposé dans cet article, nous restons dans un système purement capitaliste puisque les investisseurs gagnent plus que l’auteur. Je suis satisfaite de ma méthode qui m’a déjà permis de ré-éditer 100 exemplaires supplémentaires. Pour ma méthode, tout dépend de ce que l’on attend de ses écrits et surtout, il ne faut pas être victime de la folie des grandeurs. L’auto-édition se développe surtout aux USA car en France c’est encore timide. La seule chose qui peut effrayer les créatifs est que les auteurs doivent devenir des entrepreneurs, prendre leur destin en mains sans passer par des intermédiaires et donc, renoncer à un peu d’écriture pour pouvoir promouvoir ce qui est déjà édité. C’est un choix… et chacun(e) fait selon son ressenti. Personnellement, je préfère diffuser moins d’exemplaires papier que de faire du numérique et que la diffusion se fasse par le bouche à oreille, même si c’est plus long. Je continue de vendre mon recueil de nouvelles avec la promotion du roman. Et j’imagine qu’à la sortie de mon prochain livre, je revendrai les deux autres…. Le chemin est plus long mais il ne se berce pas d’illusions.

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  5. Larrivière Fabienne

    J’ajouterai pour conclure que rien n’empêche un auteur de lancer une souscription pour financer l’édition de son livre. C’est ce que j’ai fait moi-même pour mon roman « Amazones de l’arc-en-ciel », à sa sortie le roman était financé à 90%. Et les ventes des premiers exemplaires à financer la ré-édition.

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  6. Philippe Sebbagh

    1er roman publié grâce au site Bookly.fr … avec, actuellement inclus, Michel Platini et Philippe Djian… Et même Bégaudeau.

    Ce commentaire d’une inconnue me donne les larmes aux yeux.

    5.0 étoiles sur 5 Un voeu, un seul… 12 novembre 2012
    Par Béatrice
    Format:Broché
    … celui – humainement réalisable – de lire à nouveau une belle histoire avec des mots simples qui me parlent et me touchent. L’amour, les rires, les pleurs, l’espoir, la foi en l’autre et parfois même un brin de douce folie s’y côtoient, se mêlent et s’entremêlent pour donner une saveur toute particulière à ce récit. Une écriture et un style uniques, accentués par le regard, on ne peut plus lucide, que l’auteur pose sur la vie et sur lui-même. Décalé sans l’être, poétique, théâtral, magique…
    Allez zou, Philippe, au boulot !

    Dès le 17 : « Tous mes vœux » en librairie

    Et même le Service public de télé et radiodiffusion est dans le coup… Si. C’est vrai.

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  7. Rachel Book

    Plus que chercher à tout prix à se faire éditer, je pense qu’un auteur a avant tout envie et besoin d’être lu. Toutes ces solutions aboutissent finalement à peu de livres édités…un peu comme le système éditorial actuel.
    Ce qu’il manque, ou plutôt ce qu’il manquait à mon sens, c’est un espace où les auteurs peuvent être lus, commentés, valorisés et visibles. C’est ce constat qui a motivé la création de monBestSeller.com.

    http://www.monbestseller.com/

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  8. Vincent

    Bonjour,

    Il y a un nouveau site, bookonlive.com qui permet la publication gratuite de tous ouvrages écrits par Internet.

    L’auteur fixe lui-même le prix d’accès à l’ouvrage avec paiement sécurisé par Paypal.

    Cette application web a la particularité de pouvoir publier chapitre après chapitre et d’ouvrir le dialogue auteur-lecteur. Modifier l’apparence de votre livebook pour renforcer l’immersion de vos lecteurs dans vos textes.

    Avec l’application bookonlive vous restez l’unique propriétaire de vos textes. Bookonlive.com ne conserve aucun droit de distribution ou de diffusion de vos textes.

    Site: http://www.bookonlive.com

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