Exposition Livre-Louvre

L’écrivain et réalisateur belge Jean-Philippe Toussaint s’empare du Louvre à l’occasion du cycle consacré aux arts du livre. Une exposition sur le livre, sans passer par l’écrit. 

Au deuxième étage de l’aile Sully au Louvre, au beau milieu des peintures du XVIIe et XVIIIe siècle, on découvre des installations numériques, audiovisuelles. L’exposition de Jean-Philippe Toussaint, écrivain et réalisateur belge, crée un contraste en introduisant dans cette salle, généralement réservée aux dessins anciens, des installations modernes, technologiques et colorées.

Permanence du livre, brièveté de la lecture

L’exposition repose d’ailleurs beaucoup sur cette ambivalence entre l’ancien et le nouveau. Tout d’abord avec le manuscrit de La Divine Comédie de Dante, huitième édition publiée en 1481, qui côtoie neuf tablettes numériques sur lesquelles on peut lire l’Enfer de Dante avant que le texte ne disparaisse sous les flammes. Une opposition réussie entre la permanence du livre et l’éphémère de la lecture, à l’heure où le livre numérique prend de l’ampleur. Dans cette idée d’intemporalité du livre, une série de 84 photographies, montre des personnes, un livre à la main. Les visages changent, la mode aussi, mais le livre, lui, reste toujours le même.

Un hommage au livre

L’écrivain rend hommage au livre, même si l’écrit est très peu utilisé. On retrouve également dans cette exposition, le manuscrit original d’En Attendant Godot de Samuel Beckett. Une pièce appelée « l’univers (que d’autres nomment Bibliothèque) » vous plonge dans l’obscurité, et une voie lactée s’illuminent peu à peu grâce à des néons qui écrivent le mot « livre » dans plusieurs langues.

Etude (scientifique) de la lecture

Une autre salle nous invite à regarder deux installations audiovisuelles. On peut voir dans la première des personnes en train de lire, installées dans une cabine, des électrodes sur la tête. Plus haut, on visionne des images d’activités cérébrales qu’on associe alors directement aux personnes en train de lire. Mais qu’on ne s’y trompe pas, s’il s’agit bien de véritables images scientifiques, elles ne sont en aucun cas liées à l’expérience. Il s’agit plus, selon Jean-Philipe Toussaint d’un « fantasme » d’artiste. En face de cette installation, des esquisses de Charles Le Brun représentent le cerveau humain. Encore une fois, Jean-Philippe Toussaint marque ici le contraste entre l’ancien et le moderne en montrant que ces esquisses, datant du XVIIe siècle, étaient déjà très semblables à celles qu’on obtient aujourd’hui, grâce à l’imagerie médicale moderne.

Plus qu’une exposition sur le livre, c’est bien une réflexion autour du livre et de la lecture qu’on retrouve dans cette exposition, qu’on peut découvrir jusqu’au 11 juin 2012 au Louvre. En avril le site propose aux internautes d’envoyer des photos de livres ou de moments de lecture, pour créer une mosaïque participative.

Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez le site Livre-Louvre quant à lui, vous propose d’entrer dans les coulisses de l’exposition, avec la vidéo du montage des installations.

Partagez cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.