Et si on retitrait les livres…

Les titres des livres sont souvent mystérieux. Un auteur américain préfère, lui, les énoncés explicatifs. Il a donc décidé de rebaptiser les classiques un à un.

Et si on donnait aux livres des titres compréhensibles et informatifs ? C’est la mission que Dan Wilbur, un écrivain, comédien et comique américain, s’est assignée. Sur son site Internet betterbooktitles.com, il publie ainsi, du lundi au vendredi (NDLR : il passe la main à ses lecteurs pour le week-end), des livres dont les titres – et parfois même les couvertures – ont été retravaillés.

« Ce blog  est destiné aux gens qui n’ont pas le temps de lire des critiques de livres, des textes de présentation ou même les premières lignes d’un romans, annonce Dan Wilbur en introduction. Je me suis fixé pour tâche de virer tous les titres énigmatiques de merde et de vous raconter, à la place, la chair de l’histoire en une phrase. Vous pourrez donc désormais lire les plus grands classiques de la littérature en seulement quelques secondes ! »

200 ouvrages déjà renommés

A l’heure actuelle, près de 200 ouvrages ont été rebaptisés. Gatsby le magnifique, le chef d’œuvre de Francis Scott Fitzgerald, est ainsi devenu A consommer avec modération. De l’origine des espèces, dans lequel Charles Darwin expose sa théorie de l’évolution, a été transformé en Après avoir lu ce bouquin j’ai quand même épousé ma cousine (et eu des enfants trisomiques).

Quant à Les fruits géants peuvent bien tuer des tantes, tant que ce sont des salopes, il s’agit du nouveau titre donné au conte de Roald Dahl, James et la grosse pêche. Enfin, y aurait-il plus de lecteurs de Platon si ce dernier avait eu l’idée d’intituler Des mecs bourrés et en rut inventent la philo son ouvrage consacré à l’amour, Le banquet ?

George Orwell aurait certainement approuvé

« Un titre énigmatique est-il forcément une mauvaise chose ? » s’interroge David Barnett dans les colonnes du Guardian. George Orwell aurait certainement répondu oui. Dans Mémoires d’un libraire (traduction… approximative de Bookshop Memories, publié en 1936), il ironise ainsi : « Le commerce du livre regorge de clients qui seraient considérés partout ailleurs comme des nuisances, mais qui trouvent dans les librairies un terrain de jeu idéal. »

« Il en va ainsi de ces très charmantes vieilles dames qui “ont lu un si joli livre en 1897 et se demandent si vous pouvez lui en trouver un exemplaire, poursuit-il. Manque de chance, elles ne se rappellent jamais ni le titre, ni l’auteur, ni le sujet, mais se souviennent parfaitement qu’il avait une couverture rouge. »

Mais pourquoi tant de haine, direz-vous ? Son passé de libraire n’y était peut-être pas étranger…

(d’après The Guardian)

Lire aussi la chronique juridique d’Emmanuel Pierrat, avocat au bureau de Paris : Faut-il retenir un titre de livre ?

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