Et si les enfants devenaient éditeurs?

En Australie, des éditeurs font appel aux jeunes pour sélectionner les futurs romans de leurs collections jeunesse. Et donner quelques idées pour le marketing…

Vous êtes Australien, vous avez entre 5 et 18 ans et vous aimez lire ? Vous ne lirez certainement jamais cet article, mais peut-être aurez-vous entendu parler de l’initiative de Random House Australia. Afin de remplacer des membres de son Book Buddies Club, atteints par la « limite d’âge », l’éditeur lance une campagne pour « recruter » une centaine d’enfants.

A l’image de ce que fait Mattel pour les jouets, la maison d’édition va les utiliser pour former une sorte de comité de lecture, chargé de tester ses manuscrits. Mais l’initiative n’est nullement désintéressée : elle lui permet d’augmenter ses chances de trouver un futur bestseller. En ce moment, il semblerait d’ailleurs que la tendance soit en train d’évoluer : les récits de vampires et de loups-garous ont moins la cote, hormis sous forme de parodie. Les univers dystopiques – par opposition avec les utopies, qui dépeignent un monde imaginaire parfait – sont aussi à la mode.

Des conseils pour les couvertures des livres

Autres avantages non-négligeables, pour les maisons d’édition, de ces jeunes lecteurs avertis : ils leur permettent de mieux cibler le public de chaque roman – et la campagne marketing qui va avec. L’un des aspects sur lequel les jeunes lecteurs sont très sollicités, c’est la couverture des livres. « Nous avons remarqué que, de manière générale, les membres de notre club font preuve de beaucoup de bon sens en ce qui concerne le marketing des ouvrages – en particulier pour la couverture », confirme Julia Imogen, assistante chez Allen & Unwin. Cet éditeur australien indépendant fait lui aussi appel à l’aide de son jeune public.

« J’apprécie la franchise des jeunes, poursuit Julia Imogen. Ils n’hésitent pas à dire quand un projet est nul, ou quand le style d’un roman jeunesse est trop dépassé. » Selon elle, leur contribution va même parfois bien au-delà : « Il est déjà arrivé qu’ils nous aident à résoudre des problèmes dans l’organisation d’un récit », se souvient-elle. Un investissement qui, en tout cas, n’est jamais vain. Certains enfants ont ainsi créé de vrais liens avec leurs auteurs favoris. « Ce système de club est une expérience enrichissante pour les deux parties », assure Julia Imogen.

(d’après The Sydney Morning Herald et ActuaLitté)

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