Et si les éditeurs vendaient aussi des liseuses d’ebooks ?

Alors qu’Amazon cherche à vampiriser le monde de l’édition, certains suggèrent aux éditeurs de contre-attaquer en commercialisant leurs propres liseuses numériques. Une idée qui fait réfléchir, sans trop convaincre pour le moment.

Comment contrer l’ambition d’Amazon ? Le géant de la librairie en ligne, ce n’est un secret pour personne, cherche à s’imposer comme l’interlocuteur central dans l’industrie du livre. Après avoir vendu des ouvrages, il se met depuis plusieurs mois à les éditer et aspire, à terme, à remplacer les maisons d’édition et les agents. Pour ce faire, il a mis en place tous les éléments nécessaires à son succès : un département édition, qui comporte déjà plusieurs branches (roman sentimentaux, science fiction, thrillers, etc.) pour les formats papier et numérique ; un service d’autoédition en ligne ; et une arme redoutable de diffusion pour ses livres : la liseuse numérique Kindle.

Pour faire face aux tentations hégémoniques d’Amazon, un avocat néerlandais, spécialiste des médias, suggère une riposte aux maisons d’édition : pourquoi ne commercialiseraient-elles pas, elles aussi, leur propre liseuse numérique, sur laquelle seraient installés un accès direct aux livres de leurs collections et quelques romans offerts en cadeau de bienvenue ? « C’est une bonne manière de s’attacher la fidélité des lecteurs et, ainsi, de prendre l’avantage face à la concurrence », estime-t-il.

« Une telle évolution requiert de gros investissements »

La proposition en a fait réfléchir certains, qui ont imaginé les avantages et les inconvénients liés à cette évolution. Timo Boezeman, éditeur néerlandais, y voit ainsi une opportunité de « construire une relation plus directe avec les lecteurs » et de « compenser une partie de la perte de revenus liée à la baisse du marché des livres ». Mais cette perspective suscite aussi chez lui de nombreuses interrogations : « Quels seront les effets d’une telle opération sur les relations avec les libraires ? N’y a-t-il pas un risque de trop laisser de côté l’activité d’éditeur ? Et comment faire en sorte que cette réorganisation de l’activité soit financièrement rentable ? » se demande-t-il.

Et, s’il ne se prononce pas de manière totalement explicite, Timo Boezeman paraît finalement accueillir cette idée avec pas mal de frilosité. « Une évolution comme celle-là requiert de gros investissements : en moyens humains, financiers, et en expertise », explique l’éditeur, pour qui il semble urgent d’attendre. « La vente de livres papier est encore majoritaire dans de nombreux pays, rappelle-t-il. Il faut donc y réfléchir à deux fois avant de se lancer car le risque de détruire en un clin d’oeil les relations de confiance que vous avez patiemment établies avec les libraires, lui, est bien réel. »

(d’après FutureBook)

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