Editeurs : attention à la concurrence !

L’Association britannique des agents d’auteurs envisage de retirer de ses statuts une clause interdisant à ses membres de se constituer en éditeurs. Et pendant ce temps-là, Amazon, le géant de la librairie en ligne, tente de monter ses propres collections. Sale temps pour les professionnels de l’édition…

Va-t-elle franchir le pas ? L’Association des agents d’auteurs du Royaume-Uni (Association of Authors’ Agents, AAA) pourrait supprimer de son code de conduite une règle interdisant à ses membres de se constituer en éditeurs.

Pour le moment, cette possibilité n’est évoquée qu’en privé, mais l’idée fait son chemin. Surtout depuis que l’agent littéraire Sonia Land a décidé de publier en version numérique l’œuvre de Catherine Cookson, via sa propre entreprise, Peach Publishing.

Anciens contre Modernes

« L’AAA devrait s’adapter à l’évolution rapide du monde de l’édition, plaide Piers Blofeld, qui travaille dans la même agence que Sonia Land. Cela pose évidemment la question du conflit d’intérêts, mais le rôle d’un agent est d’offrir à son auteur conseil et soutien pour mener au mieux sa carrière. Nous sommes là pour maximiser leurs revenus. Nous ne servons plus uniquement d’interface entre les auteurs et les éditeurs. Cette époque est révolue. »

D’autres se montrent plus sceptiques : « Ce serait un véritable séisme, met en garde Simon Trewin, du cabinet United Agents. Et je ne suis pas sûr que le jeu en vaille la chandelle. »

Avis aux amateurs

En tout cas, le débat prend une autre tournure depuis qu’Amazon s’est mis en tête de recruter des agents pour développer sa branche édition. Le géant américain de la librairie en ligne aurait déjà trouvé un directeur pour sa collection « romans policiers » et un autre pour celle des « romans d’amour ». Il chercherait maintenant activement un directeur général de la publication.

Fin mars, on l’a aussi vu en première ligne pour tenter de recruter Amanda Hocking, une écrivaine américaine autopubliée à succès. Un coup raté, puisque la jeune femme de 26 ans a finalement signé un juteux contrat avec la maison d’édition Macmillan. Mais pas un coup pour rien. Si Amazon, et les libraires en ligne de manière générale, ne sont encore que des seconds choix, de nombreux agents le confirment : de plus en plus d’auteurs pensent à eux pour publier leurs œuvres.

(d’après The Bookseller)

Voir aussi : Tout savoir sur les agents littéraires (vidéo)

Partagez cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.