Editeurs américains cherchent compétences dans le numérique

Quatre-vingt dirigeants de maisons d’édition américaines se sont réunis en mars. Leur objectif : réfléchir à une stratégie pour relancer la croissance de leurs entreprises. La conclusion est sans appel : il faut renforcer les compétences dans le numérique. Mais la concurrence est très rude.

Les éditeurs américains semblent sortir de leur torpeur. Avaient-ils senti que, en ce début d’année 2011, les ventes d’e-books allaient dépasser celles du papier ? Peut-être. En tout cas, la prise de conscience existe, et les actions concrètes commencent à prendre forme.

Ingénieurs, concepteurs de sites Internet et d’applications, statisticiens, analystes, etc. les éditeurs ont lancé depuis quelques temps de vastes campagnes de recrutement. Ils ont aussi signé des contrats avec tout un tas de petites entreprises spécialisées dans la transformation des vieux livres papier en expérience numérique innovante.

Des résistances encore nombreuses

En 2010, HarperCollins aurait embauché 13 personnes pour son département numérique. Il compte en recruter au moins 9 de plus cette année. Le département Education de McGraw-Hill affirme lui avoir l’augmenté de 50 % en un an.

Mais ils sont nombreux à ne pas encore avoir pris ce tournant. « J’ai fait mon petit sondage informel auprès des éditeurs présents, explique Scott Lubeck, organisateur de la conférence. Et il apparaît que seuls 10 à 15 % d’entre eux ont embauché du monde dans ces domaines de compétence. Les autres ont encore du chemin à parcourir avant d’être capable de faire face aux défis du futur. » Et l’ancien responsable du département technologie des éditions d’Harvard de s’inquiéter : « Pour ceux-là, j’ai peur qu’il soit trop tard. »

Forte concurrence

Les éditeurs qui ont commencé à recruter des spécialistes du numérique le font en fonction de leurs contraintes budgétaires. Du coup, ils choisissent les compétences indispensables à leur entreprise, et celles qu’ils peuvent sous-traiter. C’est le cas de Random House. L’éditeur recherche des personnes ayant des profils polyvalents. Comprendre des gens ayant des compétences dans le numérique, mais aussi « une attirance pour les aspects traditionnels de l’édition et du marketing », détaille le porte-parole de l’entreprise, Stuart Applebaum.

Seul hic, la concurrence sur le marché. Les éditeurs ne disposent pas des mêmes capacités financières que Facebook ou Google. Selon Payscale.com, quand HarperCollins ou une autre maison d’édition offre un salaire annuel moyen de 42 000 € (61 000 $) pour un développeur, le réseau social lui en promet 47 000 € (69 000 $). L’écart peut même atteindre près de 13 000 € (20 000 $) pour un cadre. Le combat est loin d’être gagné…

(d’après it-jobs.fins.com)

Lire aussi : Les Américains plébiscitent le livre numérique.

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