Ecrivains, et maintenant réalisateurs…

De l’écriture à la réalisation de film, il n’y a parfois qu’un pas, que les auteurs franchissent de plus en plus allègrement. Pour quelles raisons ?

Mais pourquoi de plus en plus d’écrivains cherchent-ils à devenir réalisateur de cinéma ? Qu’ils adaptent un de leurs propres romans, ou qu’ils tournent à partir d’un scénario original, les auteurs sont en effet de plus en plus nombreux à délaisser, au moins un temps, leur plume pour une caméra. Derniers exemples en date : Frédéric Beigbeder pour « L’Amour dure trois ans » (sortie en salles le 18 janvier 2012) et David Foenkinos avec « La Délicatesse » (depuis le 21 décembre 2011). Avant eux, il y avait eu, avec des fortunes diverses, Michel Houellebecq (« La Possibilité d’une île »), Philippe Claudel (« Il y a longtemps que je t’aime ») ou encore Yann Moix (« Podium », « Cinéman »).

Pour Fabrice Pliskin, de BibliObs, cet engouement n’est plus vraiment le fruit d’une simple expérimentation artistique. Il est de nature économique : adapter le roman d’un auteur célèbre au grand écran, ce serait en effet l’assurance de réaliser un bon coup financier. « Les écrivains, c’est un peu comme « les fils de » et « les filles de ». Ces primo-arrivants sont plus fédérateurs qu’un réalisateur brillant mais obscur », assure ainsi Eric Altmayer, producteur de « La Possibilité d’une île », au journaliste.

Retour à l’idée première

Il est aussi, souvent, un retour à l’idée première. « A l’origine, mon premier livre, La Chambre des officiers, je voulais en faire un scénario, non un roman », confie par exemple Marc Dugain. Idem pour Yann Moix. « Avec Podium, il voulait d’abord faire un film, révèle l’agent littéraire François Samuelson dans la revue La Règle du jeu. Devant l’impossibilité d’aboutir, il a décidé de faire un livre, d’obtenir une certaine audience, pour ensuite pouvoir l’adapter. »

N’y a-t-il pas également une pointe de mégalomanie, l’envie de se faire connaître du plus grand monde, dans cette démarche ? Certes oui, selon Claude Lelouch (qui produit Bernard Werber). Même si les implications des deux media diffèrent : « 100.000 exemplaires vendus pour un livre, c’est un triomphe ; 100.000 entrées pour un film, c’est un désastre », compare le cinéaste, réalisateur d’ « Un homme et une femme ».

Vampirisme

Et le fait que l’écrivain maîtrise ou non les rudiments techniques du cinéma importe peu. Enfin presque… « Réaliser un film, ce n’est pas la mer à boire, fanfaronne ainsi Frédéric Beigbeder… qui a tout de même déjà fait quinze ans de publicité et de télé. Je suis un vampire. Je suce le talent des techniciens. Je vole toutes les bonnes idées et je signe le tout. » « Ca donne des films impersonnels de chef opérateur », conteste Philippe Claudel. L’auteur des Âmes grises a lui préféré se forger une expérience de scénariste avant de se lancer dans la réalisation.

Au final, que donnent les écrivains-réalisateurs ? Difficile de se faire une opinion. Là, comme avec les cinéastes professionnels, il y a des succès et des échecs commerciaux. Et tout le reste n’est que littérature ?

(d’après BibliObs)

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