L’écriture selon Haruki Murakami

Comment construire son roman ? Dans une rare interview accordée au magazine français Le Monde Magazine, l’écrivain japonais Haruki Murakami raconte comment il commence un roman. Il donne également son avis sur le rôle de l’écrivain :

« Lorsque vous commencez un roman, avez-vous en tête le déroulement de l’intrigue ?

Haruki Murakami : Non. Quand je commence à écrire, je n’ai aucun plan. Ma tête est vide. J’avance à l’aveuglette dans mes propres ténèbres. Pour IQ84, j’avais la première scène : dans un taxi pris dans les embouteillages à Tokyo en écoutant de la musique classique. Je ne sais pas ce qui va se passer dans mon roman. J’ai simplement confiance dans le fait que je pourrai le finir. J’ai confiance mais je n’ai pas encore d’histoire ! Aujourd’hui, j’ai écrit trois pages, je ne sais pas encore ce que ce sera. C’est excitant de ne pas savoir ce qui va se passer dans la fiction que vous êtes en train d’écrire. Je m’endors le soir avec les personnages en tête et, le lendemain matin, soudainement, ils sont prêts à s’animer. Je ne sais comment font les autres romanciers mais, pour moi, c’est ainsi. »

Quel est selon vous, le rôle d’un écrivain aujourd’hui ?

H. M. : Ecrire de bon livres. Cela fait des millions d’années que des conteurs ou des romanciers racontent des histoires. Elles ont pour but d’aider les gens à trouver un sens, à structurer leur esprit. On vit dans un monde chaotique, violent. Pour survivre, il faut essayer de se donner des valeurs repères. Autrefois, à l’âge des cavernes, il y avait un conteur qui racontait des histoires et l’auditoire était emporté ailleurs et peut-être amené à réfléchir, à conserver l’espoir que le jour allait bientôt venir. Je pense toujours aux profondes ténèbres qui nous entourent quand j’écris un roman. Bref, je crois au pouvoir des bonnes histoires. Une fiction peut aider à révéler une parcelle de vérité.

(propos recueillis par Philippe Pons pour Le Monde Magazine, 12/02/11)

Retrouvez la totalité de l’entretien sur : le site du Monde

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7 thoughts on “L’écriture selon Haruki Murakami

  1. carlin denise

    je suis en train d’écrire mon deuxième livre, et je me rends compte que je suis comme vous, j’écris un début d’histoire, sans savoir ce qu’il adviendra… je suis rassurée, parce que je n’ai vu ou lu que des interviews d’écrivains qui structuraient leur écriture…je me trouvais en décalage… cool..

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  2. Vincent

    Il en va de même pour moi. En effet, lorsque je commence à écrire, cela débute souvent par cinq lignes présentes sur ma feuille sur une simple volonté aléatoire. Tantôt cela fonctionne, tantôt cela aboutit sur un échec cuisant. C’est fort étrange, mais avant de me lancer dans un projet de roman ou de nouvelle, je dois être prêt. Un peu comme si l’on remplissait d’eau une bouteille. Lorsque l’on videra la bouteille de son eau, il faut que cela dure durant tout le temps du projet.

    Il y a peu de temps encore, j’ai lu la nouvelle « Miroir » de Haruki Murakami. En un mot: G.É.N.I.A.L. J’estime que l’auteur a parfaitement su décrire ses sentiments.

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  3. Ramdane

    au fil des mots l’histoire vient à moi, elle se structure peu à peu, je suis heureuse de savoir que l’on peut écrire sans avoir un plan, je me sens moins seule.merci

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  4. Chris

    Il y a autant de méthodes qu’il y a d’écrivains. La méthode dépend aussi de l’histoire que l’on écrit, de la forme dans laquelle on pense écrire cette histoire qui nous vient. Personnellement, j’utilse toutes les approches, c’est selon les personnages ou l’histoire qui me vient, même si j’aime bien celle de Murakami… Denise, Vincent, Ramdane, où peut-on vous lire ?
    On peut lire mes textes dans les revues ou Télécharger gratuitement mon premier ebook d’un iphone, ipad, ipod touch : http://itunes.apple.com/fr/book/id438885363?mt=11

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  5. Pingback: Une certaine idée du bonheur… L’écriture. « Je brûle et je brille

  6. Elmehdi Elkourti

    Lorsque j’ai commencé mon premier roman  » Les cinq gardiens de la parole perdue « , je ne savais pas ce que j’allais écrire !

    Tout comme Haruki Murakami, je n’avais que la première scène en tête et une idée générale du thème que je voulais aborder 🙂

    C’est plaisant et divertissant…

    Mais c’est éreintant, des fois astreignant, de ne savoir exactement ce que l’on veut !

    Pour le tome II ( Il s’agit d’une trilogie) que je commence avec le NaNoWriMo 2012, j’ai décidé d’agir autrement…De prendre mon temps pour asseoir la base de mon histoire, détailler les personnages, explorer les lieux avant d’entamer mon écriture !

    Même si je ne peux m’empêcher de trouver que suivre une ligne directrice est suffocant et étouffant.

    Grâce à cette deuxième expérience, j’espère trouver ma propre méthode ( Quelque part entre les deux )

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  7. Pingback: Revue web #11 « lecturesmagazine

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