Ecrire plus pour être plus lus ?

Les éditeurs demandent de plus en plus de livres à leurs auteurs. Ils cherchent à combler des lecteurs impatients… Mais qu’en est-il de la qualité ?

Marc Levy, Amélie Nothomb, Guillaume Musso… Ces auteurs de best-sellers offrent en général à leurs lecteurs un livre par an. De quoi entretenir leur popularité et satisfaire leurs éditeurs. Mais peuvent-ils en écrire plus ? Aux Etats-Unis, les éditeurs demandent de plus en plus à leurs écrivains de produire deux livres par an, pour combler les attentes de lecteurs impatients.

L’instantanéité du numérique

Les éditeurs américains cherchent à tout prix à retenir leurs lecteurs, attirés par de nouvelles formes de lectures, plus immédiates. Avec le numérique, les lecteurs sont en effet habitués à pouvoir lire une oeuvre en quelques clics. Internet offre aussi la possibilité d’échanger directement avec les écrivains, via leurs blogs, Facebook ou Twitter. Les éditeurs incitent leurs auteurs à être accessibles pour devenir plus populaires. Les auteurs eux-mêmes se montrent parfois très disponibles pour leurs lecteurs.

Écrire toujours plus

« Avant, écrire un livre par an, c’était beaucoup. Mais aujourd’hui, la culture est une grande bouche affamée que vous devez nourrir« . L’écrivaine Lisa Scottoline, auteur de thrillers à succès, résume ainsi son travail. Depuis peu, elle livre deux romans par an à son éditeur, ce qui la force à travailler beaucoup plus. Elle confie ainsi qu’elle écrit chaque jour de la semaine, à raison de 2 000 mots par jour. D’autres auteurs ne vont pas jusqu’à produire un second livre par an, mais font tout de même des extras, en publiant par exemple des nouvelles. C’est le cas de John Grisham : en plus de son livre annuel, il publie une mini série destinée à de plus jeunes lecteurs.

Quantité = qualité ?

Ces « extras » ont une répercussion non négligeable sur les ventes. En effet les lecteurs sont plus attirés par une nouvelle à 99 centimes, alors qu’ils n’était pas prêts à débourser 20 € pour un roman imprimé. Cela amène donc un nouveau public, qui sera plus enclin ensuite à acheter les livres de l’auteur qu’il a découvert. Jennifer Enderlin, éditrice aux St. Martin’s Paperbacks éditions, reconnaît qu’elle sollicite beaucoup ses auteurs : « Je suis consciente qu’on leur en demande beaucoup, nous sommes souvent en train de leur dire « Vous nous ferez bien une petite nouvelle qu’on vendra 99 centimes?«  » Cette tendance se retrouve-t-elle en France ? Marc Lévy publie parfois plus d’un livre par an, en 2007 et 2008 notamment. Quant à Daniel Picouly publie trois oeuvres en quatre mois. La faute d’orthographe est ma langue maternelle (le 3 septembre chez Albin Michel), un livre pour enfant : Princesse Sumo (le 8 juin chez Magnard jeunesse) et un roman policier, La Donzelle: un bâton de rouge dans le chargeur (le 18 juin chez Factuel). De son côté, Amélie Nothomb avoue écrire beaucoup plus que ce qu’elle publie. Elle rédige environ trois à quatre manuscrits par an. Sur les 75 romans qu’elle dit avoir écrits à ce jour, seule une vingtaine a été publié. « Il peut arriver qu’au sein de cet océan de manuscrits, l’un d’entre eux me paraisse digne d’être partagé. Je suis persuadée que tout montrer serait une erreur« . Mais son éditeur va-t-il résister à l’envie de partager plus avec les lecteurs de son écrivaine star ?

Découvrez comment Amélie Nothomb écrit ses romans en lisant l’écriture selon : Amélie Nothomb.

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