Ebooks : les maisons d’édition pas trop inquiètes du piratage

A l’occasion du Salon du livre de Francfort, les éditeurs mondiaux ont fait le point sur les dangers du piratage des livres numériques. S’ils ont tenu à alerter les pouvoirs publics sur ce problème, ils se montrés, dans l’ensemble, plutôt rassurants. Seule exception : l’Allemagne.

L’industrie de l’édition numérique connaîtra-t-elle les mêmes problèmes que celle de la musique ? Sur cette question, les représentants des maisons d’édition réunis à Francfort dans le cadre du Salon international du livre se sont montrés plutôt confiants.

Selon eux, le risque de voir le piratage de contenus affecter aussi durement les ebooks que les albums de musique reste à l’heure actuelle peu probable. « Les lecteurs de livres électroniques sont surtout des gens éduqués, d’âge moyen, avec des revenus plutôt élevés. Pas vraiment le profil du pirate », explique ainsi Thomas Mosch, membre de la direction du Bitkom, la fédération des entreprises technologiques allemandes.

Seul point noir : les livres académiques et les manuels

Pour Claire Holloway, de l’entreprise américaine de services aux éditeurs Bookmasters, les seuls livres qui sont durement touchés par le pillage numérique sont « les ouvrages académiques, les manuels ». Cela serait dû, analyse-t-elle, au prix parfois très élevés de ces livres, en comparaison de leur faible utilité sur le long terme. Mais, affirme-t-elle ensuite, le piratage n’est « absolument pas un problème » en dehors de ce cas précis.

Au milieu de ces discours rassurants, une seule voix s’est finalement montré un peu dissonante : celle de l’Allemagne. Alors que le livre numérique y représente encore une part très faible (0,7 %) du marché total, le président de la Fédération allemande du commerce du livre, Gottfried Honnefelder, s’inquiète d’un piratage sur Internet « déjà considérable ». « 60 % des livres téléchargés en Allemagne le sont illégalement », a-t-il alerté, pointant du doigt le manque de réaction du gouvernement pour endiguer le phénomène.

« Pas de mesures trop rigoureuses » contre le pillage numérique

Mais, là encore, les spécialistes du secteur ont voulu apaiser les craintes. « Le chiffre de 60%, tiré d’une étude menée par la fédération du livre allemande, semble très improbable », juge ainsi Thomas Mosch. Lui préfère mettre en garde contre la mise en place de « mesures trop rigoureuses » de lutte contre le piratage. « Elles pourraient effrayer même certains clients prêts à payer », avertit-il.

Et s’il reconnaît qu’ « on n’arrivera jamais à stopper totalement le piratage », Thomas Mosch ne semble pas s’en formaliser plus que cela. « Si on a 80 à 90% de clients prêts à acheter légalement les ouvrages, l’industrie du livre doit pouvoir bien vivre », conclut-il.

(d’après TV5 Monde)

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2 thoughts on “Ebooks : les maisons d’édition pas trop inquiètes du piratage

  1. Sediter

    Merci pour cet article, qui montre malheureusement que les esprits sont encore assez clos dans le monde de l’édition. J’hésite à commenter la phrase de Thomas Mosh :

    « Les lecteurs de livres électroniques sont surtout des gens éduqués, d’âge moyen, avec des revenus plutôt élevés. Pas vraiment le profil du pirate  »

    Les pirates seraient donc de stupides incultes sans le sou ? C’est déjà se méprendre quant à la nature de l’ « ennemi ». Le fait d’être éduqué, et même d’avoir des revenus élevés, n’empêchera personne de pirater, qu’on se le dise ! Surtout si l’offre payante est protégée par des DRM qui empêchent toute utilisation du livre numérique !

    Pour le reste, Gottfried Honnefelder essaie de faire parler des chiffres vides de sens. L’hypocrisie de l’industrie culturelle reste de comparer un téléchargement illégal à un manque à gagner, or nombre de fichiers téléchargés n’auraient JAMAIS été achetés par les pirates, qui se les procurent par curiosité, sans forcément aimer. Au pire, le piratage entraînera une hausse de la notoriété (de l’auteur, de l’éditeur), au mieux il débouchera sur des ventes futures, si le pirate apprécie ce qu’il lit.

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  2. Lecteursencolere

    Marrant, toutes les analyses sur le piratage montrent que ce sont des hommes de 30-40 ans, de bonnes éducations et ayant suffisamment de moyen qui télécharge des livres.

    A la place des éditeurs, je me ferais bcp de soucis s’ils ne changent pas leur stratégie commerciale

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