Doit-on autoriser tous les livres à tomber dans le domaine public ?

La question surgit alors que Mein Kampf, le manifeste nazi d’Adolf Hitler, doit y accéder en 2016, et qu’un éditeur veut publier des extraits du livre interdit.

Mein Kampf (« Mon combat ») est toujours interdit de librairie en Allemagne… mais peut-être plus pour très longtemps. La semaine dernière, le tribunal de Munich a en effet interdit à un éditeur britannique de diffuser des extraits du livre. Sauf que le livre, publié pour la première fois en 1925, doit normalement tomber dans le domaine public le 1er janvier 2016. Du coup, les opposants commencent à se mobiliser.

« Lorsqu’un texte de cette nocivité tombe dans le domaine public, on ne peut rester inactif, a ainsi estimé Philippe Coen, juriste. Il est temps de comprendre, de ne plus être sidéré par l’histoire. » Par ailleurs fondateur de l’Initiative de prévention de la haine, il ne souhaite pas interdire l’édition du livre. Mais il milite, avec d’autres juristes et des historiens, pour une version critique et/ou pédagogique, identifiée par un logo qui permettrait de ne pas la confondre avec des versions néo-nazies.

Une intransigeance menacée de toutes parts

Jusqu’à présent – et ce depuis 1945 –, les droits du livre (ainsi que tout le patrimoine d’Hitler) appartiennent à la Bavière. L’état du sud de l’Allemagne s’est toujours refusé à autoriser la réimpression de l’ouvrage en Allemagne, « hormis dans le cadre de travaux universitaires », comme le rappelle Aurélie Delmas. Et s’il n’a pu empêcher la sortie, en 2009 au Japon, d’une version manga, il a obtenu le retrait de la vente du livre en Russie, au Portugal ou encore en Turquie.

Problème : le développement d’Internet a fait voler en éclat l’intransigeance de la Bavière, qui n’a pu empêcher la multiplication, ces dernières années, des copies numériques. L’Etat ne peut rien non plus contre les vieux exemplaires, antérieurs à l’interdiction du livre en 1945, qui circulent toujours dans certaines librairies. Enfin, il est également impuissant devant les maisons d’édition qui ont acquis les droits d’exploitation de Mein Kampf avant 1945. Celles-ci sont en effet toujours autorisées à le rééditer – c’est le cas des Nouvelles éditions latines en France.

(d’après francetvinfo)

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