Deux auteurs rendent leur prix littéraire

L’une n’a pas hésité à contourner le règlement d’un concours pour gagner. L’autre n’a pas supporté qu’un prix récompense un écrivain qui l’a plagié.

Ils s’appellent Louise Lacasse et Didier Eribon. Tous deux sont écrivains. Et tous deux ont remporté un prix littéraire… dont ils se séparent aujourd’hui. Mais les ressemblances s’arrêtent là.

En août dernier, Louise Lacasse faisait une entrée fracassante dans le monde de la littérature. A 54 ans, cette écrivaine canadienne voyait son premier roman, Eteignez, il n’y a plus personne, récompensé par le prestigieux prix Robert-Cliche. A la clé, une bourse de 10 000 dollars canadiens (un peu plus de 7 000 euros) et la publication de son ouvrage par VLB, la maison d’édition qui organise le concours.

Un autre lauréat bientôt désigné

Dans les interviews accordées alors, elle racontait notamment sa difficulté à se faire éditer. « J’avais envoyé le manuscrit à des maisons d’édition, mais il a été refusé. Je me suis dit qu’en passant par un concours, avec un jury qui travaille sans contrainte de temps et d’argent et qui juge mon travail pour ce qu’il est, j’avais plus de chances », expliquait-elle notamment à une journaliste du quotidien montréalais « la Presse ».

Sauf que… Ce que Louise Lacasse avait oublié de mentionner à l’époque, c’est qu’elle avait déjà publié un livre… En 2004, sous le pseudonyme de Louise Lamarre, elle avait ainsi sorti Et même le dimanche ! aux éditions Lanctôt. La triche mise à jour, la sanction n’a pas tardé à tomber : VLB a déchu Louise Lacasse de son prix. Cette dernière devra également  rembourser la bourse de 10 000 $. L’éditeur, quant à lui, a demandé au jury de l’édition 2010 de se réunir à nouveau pour réattribuer la distinction à l’un des autres finalistes.

Une lettre pour faire retirer son nom de la liste des récipiendaires

L’histoire de Didier Eribon et différente. En 2008, cet auteur et philosophe français, aujourd’hui âgé de 58 ans, se voit remettre le Brudner Prize. Ce prix, décerné chaque année par l’université de Yale (Etats-Unis), récompense un ouvrage ayant pour champ d’étude l’homosexualité. Le Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes intègre donc la liste des gagnants.

Mais le 19 mai dernier, Didier Eribon, connu pour sa biographie de Michel Foucault, écrit au jury du Brudner Prize. L’objet de sa lettre ? Que son nom soit retiré de la liste des lauréats.  « C’est avec grand regret que je vous écris pour vous demander de retirer mon nom de la liste des récipiendaires, explique-t-il. Je viens d’apprendre que le prix de cette année a été attribué à quelqu’un dont le dernier livre a honteusement plagié mon travail. »

Un plagiat déjà dénoncé

L’auteur-philosophe vise dans cette missive le livre de l’Américain David Halperin, Que veulent les gays (What do gay men want ?). Didier Eribon affirme en effet que ce travail reprend en grande partie un de ses ouvrages, paru en 2001 sous le titre Une morale du minoritaire. Variation sur un thème de Jean Genet. Comme le rappelle « l’Express », il l’avait déjà signalé via un article sur son blog en février 2009, dans lequel il faisait référence à « l’impérialisme linguistique » américain.

Jusqu’à présent, ni le comité du Brudner Prize, ni David Halperin, n’ont souhaité réagir.

(d’après canoe.ca et BibliObs)

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