Des auteurs « trichent » pour faire de leurs livres des bestsellers

Deux écrivains ont été accusés par Amazon de booster la vente de leurs polars de manière illicite. Mais même sans triche, les livres se vendent aussi bien, sinon mieux !

Leurs manuscrits avaient été refusés il y a plusieurs années, mais ces deux écrivains ont trouvé le moyen de tout de même parvenir à leurs fins. Louise Voss et Mark Edwards, coauteurs du roman policier Catch Your Death, ne supportaient pas que leur livre ne soit pas accepté par un éditeur, ils l’ont donc édité eux-mêmes, via Kindle Direct Publishing, la plateforme d’Amazon.

Très rapidement, Catch Your Death a rencontré le succès, au point de se classer en tête des ventes de livres numériques pour Kindle. Devant Stieg Larsson et John Grisham. Mieux, un autre polar signé par le duo, Killing Cupid, se trouve maintenant lui aussi dans le top 5. « C’est extraordinaire et totalement inattendu », se réjouit Louise Voss, par ailleurs organisatrice de concerts à l’université de Kingston (Londres).

30 000 exemplaires vendus

Tout serait pour le mieux. Sauf que ces succès n’ont rien de « naturel », estime Amazon, qui leur reproche d’avoir triché pour booster les ventes. Peu importe le temps passé par les auteurs sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.), les forums d’écriture, les blogs ou les sites de critiques littéraires. Le libraire en ligne, lui, n’a qu’une chose en tête : un sous-titre, « pour ceux qui aiment les romans de Stieg Larsson et de Dan Brown », ajouté dans le texte de présentation de Catch Your Death et qu’il estime illégal.

Sous la pression, les deux compères finissent par retirer la mention. Et là… surprise ! Les ventes continuent d’atteindre des sommets. En tout, les deux ebooks de Voss et Edwards ont, à ce jour, été écoulés à plus de 30 000 exemplaires. Près de 1 000 exemplaires de Catch Your Death sont vendus tous les jours, et environ 500 de Killing Cupid.

« Une ruse utilisée par tous les éditeurs avant eux »

Un succès qui réjouit Alison Baverstock, directrice du Master Edition à l’université de Kingston et proche de Louise Voss. Pour elle, les deux auteurs n’ont rien à se reprocher. « Au départ, c’est peut-être une ruse qui leur a permis d’attirer l’attention sur leur livre, mais celle-ci a été utilisée par tous les éditeurs avant eux, soutient-elle. Au final, ce qui compte, c’est que le livre continue de bien se vendre. Cela prouve que les gens l’ont vraiment apprécié et l’ont recommandé autour d’eux. »

Et l’universitaire de conclure: « Et puis, comme l’a dit récemment un auteur célèbre : « De nos jours, les meilleurs écrivains sont aussi ceux qui savent se vendre. » » Sur ce point, ce n’est pas John Locke qui la contredirait. Cet Américain, lui aussi autoédité, vient de dépasser le million de livres numériques vendus. Pour célébrer l’événement, il a décidé d’écrire un nouvel ouvrage, intitulé Comment j’ai vendu un million d’ebooks en cinq mois.

(d’après The Daily Telegraph)

Sur le même sujet, lire aussi : Un écrivain autoédité vend un million d’ebooks.

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2 thoughts on “Des auteurs « trichent » pour faire de leurs livres des bestsellers

  1. Charlotte

    Ce qui est quand même dingue, c’est que pour vendre, il faut avoir déjà beaucoup vendu. Pourtant, les effets de mode sont rarement un gage de qualité.

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  2. Philippe Roy

    Je crois que ce n’est pas vraiement la «triche» que Amazon dénonçait. Amazon ne refusera jamais de vendre plus de livres. Sauf que cette technique a pour effet direct de polluer les résultats de recherches de ceux qui cherchent justement les livres de Dan Brown et Stieg Larsson. En particulier si elle est utilisée par «tous les éditeurs».

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