De l’écriture d’un roman à sa publication : les écrivains Carole Martinez et Pascal Morin racontent

Les écrivains Pascal Morin et Carole Martinez se sont confiés sur leur parcours à l’occasion du Salon du Livre de Paris 2015.

Pourquoi avez-vous décidé d’écrire ?
Pascal Morin : « Le ressort de l’écriture est très intime. J’avais envie d’écrire depuis l’adolescence car j’étais un grand lecteur. Entre 20 et 30 ans, j’ai écrit quelques fragments, jamais en pensant que cela irait plus loin. Puis j’ai perdu un proche et cela m’a rappelé à l’essentiel. Je me suis dit que c’était à moi de m’y mettre car personne n’irait frapper à ma porte. J’ai alors pris la décision d’écrire un livre avec pour objectif qu’il soit lu. Une grande secousse m’a mis face à ma responsabilité. »

Carole Martinez : « J’avais envie d’écrire Le Cœur cousu (ed. Gallimard, 2007) mais je ne me sentais pas capable d’être une romancière car la littérature est impressionnante. Il me fallait comme une autorisation : écrire un roman est un travail si énorme ! J’ai cependant décidé de me lancer lorsque j’attendais, trois semaines durant, les résultats du CAPES. J’ai écrit 180 pages durant ce laps de temps. C’était un roman jeunesse, car ce genre me paraissait beaucoup plus accessible puisque n’étant pas le panthéon de la littérature. »

Comment votre roman est-il arrivé entre les mains de votre éditeur ?
Carole Martinez : « Mon mari m’a dit d’arrêter mon travail pour écrire pendant un an afin que je finisse mon livre. Mais je n’ai pas terminé au bout de ce laps de temps ! Je me suis dit que j’étais une incapable. Il a insisté pour que je donne quand même le texte à un éditeur, même si on n’est pas censé donner un manuscrit inachevé. J’avais en effet écrit 300 pages sur 400. J’ai donc déposé mon texte début juillet chez cinq éditeurs, dont Gallimard. Autant essayer ! Jean-Marie Laclavetine, lecteur chez Gallimard, m’a appelé début septembre. Au début, je me méfiais. J’ai demandé à le rencontrer. Je voulais être sûre que je ne rêvais pas. J’avais très peur d’être jugée, mais il m’a encouragée. Il faut dépasser ses craintes. »

Pascal Morin : « J’avais arrosé 18 ou 19 éditeurs par La Poste. J’ai eu une réponse positive de Grasset, mais il faut ensuite un accord collégial. A la suite de cette réunion, mon manuscrit a été refusé. Ils m’ont dit de retravailler. Six mois plus tard, il a été définitivement refusé. J’étais perplexe car j’avais un texte qui avait été accepté et devait pouvoir être publié. Mais je ne savais pas où. Une connaissance d’une amie chez Flammarion m’a lu et m’a donné des noms, notamment celui de Sylvie Gracia. J’avais tellement envie que cela marche que je me suis dit : tant que la porte n’est pas complètement fermée, elle est ouverte. Je leur ai montré le second texte pendant que je retravaillais le premier, L’Eau du bain (ed. le Rouergue). J’ai signé le contrat de mon deuxième livre avant le premier. »

Quel est votre rapport à votre éditeur ?
Pascal Morin : « Une maison d’édition rassemble plein de gens, donc plein de paramètres que l’on ne maîtrise pas du tout en tant qu’auteur. Mon travail avec l’éditeur se passe bien car ce n’est jamais contre le texte. On n’est pas conscients de tout lorsqu’on écrit : parfois, on ne va pas au bout de ce que l’on entreprend. Il faut donc creuser et donner plus. Mon éditrice m’a souvent poussé dans mes retranchements pour que j’aille plus loin, que je dise telle chose autrement. On n’a pas fini d’accoucher le texte lorsqu’on le propose à l’éditeur ! De plus, je livre quelque chose de très intime dans ma phrase. Il faut que cela soit respecté. Mais retravailler des longueurs ne me dérange pas du tout. »

Carole Martinez : « Mon éditeur est devenu un ami. Il a été très respectueux et a eu confiance : j’ai besoin de cela, sinon je recule. Je lui parle beaucoup, je lui raconte l’histoire avant d’écrire et il me dit d’y aller. Il y a parfois de petites batailles : on peut ne pas être d’accord. Mais il m’aide à trouver les arguments pour ne pas lâcher ! Il m’impose une réflexion sur le texte, à laquelle je n’aurais pas pensé. Enfin, et c’est primordial, il laisse le souffle de mon écriture intact. »

(Crédits photo : Babelio, Author Media)

Découvrez une interview vidéo de Carole Martinez : Quand

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