Quelle forme d’édition choisir ?

Vous avez envoyé votre manuscrit chez plusieurs éditeurs et vous avez reçu en retour des réponses négatives? Vous hésitez maintenant entre persévérer et opter pour une solution alternative ? Car d’autres choix s’offrent à vous pour que votre texte existe sous forme de livre. Cependant, vous devez être particulièrement vigilants afin d’éviter les nombreuses arnaques. Il est ainsi nécessaire de bien connaître les différents types de contrats existants avant de se lancer :

L’édition à compte d’éditeur
C’est la « vraie » édition, celle que tous les auteurs convoitent. L’auteur a envoyé son manuscrit dans une maison d’édition. Son manuscrit a été lu par des lecteurs professionnels et sélectionné pas le comité de lecture. Dans ce cadre, l’auteur ne débourse rien. Il cède l’ensemble de ses droits sur son texte (y compris les droits d’adaptation) à l’éditeur qui, de son côté, s’engage à prendre en charge les frais de composition, d’impression, de distribution et de promotion du livre. L’auteur est ensuite rémunéré en droits d’auteur dont le montant est proportionnel au nombre de livres vendus : soit entre 8 et 12% de la valeur hors taxe du livre. L’auteur et l’éditeur signent un « contrat d’édition » pour formaliser ces engagements. Enfin, l’auteur déclare ses revenus en les intégrant dans la catégorie « traitements et salaires » de sa déclaration de revenus. L’auteur doit également verser des cotisations à l’Agessa, le régime de sécurité sociale des auteurs.

L’édition à compte d’auteur
C’est le type d’édition le plus critiqué. Les forums littéraires sur Internet fleurissent de plaintes d’auteurs qui se sont fait arnaquer. Mais concrètement, de quoi s’agit-il ? Dans le cadre de l’édition à compte d’auteur, l’auteur paie « l’éditeur » pour que celui-ci édite son livre. L’édition d’un livre est considérée comme une prestation achetée par l’auteur. L’auteur et l’éditeur signent alors un contrat de « louage d’ouvrage » et l’auteur ne cède pas ses droits sur le texte. De son côté, l’éditeur s’engage à assurer la correction du manuscrit, les formalités de déclaration légale (numéro d’ISBN…), la distribution et la promotion du livre. Il perçoit ensuite des bénéfices – et non plus des droits d’auteurs – et se retrouve, de facto, assujetti à l’impôt sur les bénéfices. Un contrat signé et une prestation achetée, pourquoi pas ! Mais dans la réalité, les choses sont beaucoup moins claires que cela. D’abord, les livres à compte d’auteurs sont mal perçus par les critiques littéraires qui les estiment a priori mauvais dans la mesure où ils ne sont pas passés par la case « comité de lecture d’une maison d’édition ». Ces livres sont donc généralement peu chroniqués dans la presse. D’autant que les éditeurs à compte d’auteurs « oublient » parfois d’assurer leurs prestations de distribution et de promotion. Le résultat ? Un livre qui reste dans les cartons en autant d’exemplaires qu’en a commandés l’auteur. Et au final, des services payés, mais jamais délivrés… Donc si vous souhaitez utiliser ce mode d’édition, un conseil : faites une petite recherche sur Internet pour mieux connaître la réputation des différents éditeurs à compte d’auteur avant d’en sélectionner un.

L’autoédition
L’autoédition est un mode d’édition relativement récent dans la mesure où il s’appuie sur l’outil Internet. Cette fois, l’auteur se fait lui-même éditeur. C’est-à-dire qu’il paie un imprimeur pour que celui-ci imprime son texte sous forme de livre. Tout se passe sur Internet : l’auteur choisit le format, le papier et la photo de couverture de son futur livre. Puis il envoie un fichier pdf au prestataire qui lui adresse en retour le nombre d’exemplaires commandés. C’est simple et pratique. Il ne reste plus à l’auteur qu’à promouvoir lui-même son livre sur son site Internet personnel ou au cours des salons du livre de sa région. Cependant, il faut savoir que le prestataire assure uniquement une prestation d’imprimeur. Toutes les opérations préalables de correction du manuscrit et de maquette du livre ne sont donc pas fournies. L’auteur qui attend son livre avec impatience reçoit alors parfois un livre avec des fautes qui lui ont échappé. Sans compter une maquette approximative qui présente des césures non respectées, ou encore une ligne de texte seule en haut d’une page. Là encore pour éviter la catastrophe, mieux vaut choisir le bon prestataire qui vous aidera à composer le livre qui répond le mieux à vos attentes.
(d’après le Portail du Livre)

Vous avez testé les prestations d’un éditeur à compte d’auteur ? Vous avez choisi l’auto-édition ? Venez partager votre expérience en laissant un commentaire.

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10 thoughts on “Quelle forme d’édition choisir ?

  1. Guy PIGNOLET

    Bonjour,

    Je me suis posé récemment ces questions, et sur les conseils d’un ami, je suis parti sur l’auto-édition avec lulu.com pour * les « Pages » de Samantha *, et je dois avouer que je suis très agréablement surpris du résultat qui dépasse mes espérances. Le livre à l’unité peut sembler un peu cher, mais dans la mesure où il n’y a pas d’investissement financier à faire au départ, c’est finalement très acceptable et très pratique pour des publications qui ne sont par essence pas destinées à des gros tirages.

    Du coup lulu.com me donne des idées pour sortir avec une belle présentation un certain nombre de documents que j’ai dans mes tiroirs ou sur mon site internet.

    Merci pour ces informations

    Solar-Terrien Guy Pignolet de Sainte-Rose, groupe X-Auteurs

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  2. Nelly Post author

    plusieurs auteurs que j’ai rencontrés ont de leur côté eu des expériences malheureuses avec lulu.com car ce prestataire d’auto-édition ne propose pas (comme je le dis dans l’article) de prestations de relecture, correction, maquette… Attention donc aux déceptions lors de la livraison des livres si l’auteur n’a pas pris à sa charge toutes ces opérations préalables !

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  3. Danthez

    Ayant présenté mon manuscrit à plusieurs grandes maisons d’édition, j’ai opté pour une première édition chez un petit éditeur ne sachant si ce premier livre serait vendu ou pas et devant les coûts non d’édition, mais de corrections, de frais de couverture demandé chez de gros éditeur qui avaient également accepté mon manuscrit. le problème effectivement est de faire connaitre son ouvrage ensuite mais quand on débute c’est difficile d’entrer par la grande porte, il faut en passer par là pour que les grosses maisons d’éditions à compte d’éditeur vous éditent par la suite plus facilement je pense.

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  4. karim

    J’ai commencé l’autoédition en 2009 et mon 4 ème livre de poèmes sort dans quelques semaines.
    J’avais déjà sorti un 1er livre chez un éditeur en ligne qui ne fait rien pour l’auteur sauf la mise en page et la mise en ligne sur son site.
    J’ai donc résilié quand j’ai enfoin compris que c’était pratiquement de l’arnaque.
    Ca a été long a venir l’autoédition car il y a de l’argent à investir. Les snobs ou ceux qui ne s’y connaissent pas vous diront qu’un auteur doit être payer pour son livre et non pas l’inverse.
    Mais quand on est un vrai passionné comme moi, on assume et on se lance dans la seule voie possible( enfin dans mon cas) : l’autoédition.
    Sinon c’est du copinage etc même dans la petite édition souvent… et c’est pas ce que je recherche. De toute façon on me prendrait pas. Car on ne recherche pas selon moi la qualité des textes, on cherche un nom connu, et on fait publier pour leur faire plaisir ses copains. Enfin moi je persévère et je reste toujours ouvert à l’édition classique même j’ai peu confiance en eux dans leurs choix. En plus moi j’ai le malheur d’écrire de la poésie donc c’est encore pire alors qu’il ya de belles choses en poésie et qu’elle peut plaire surtout quand elle est accessible…
    Il ya d’autres moyens de se faire connaître et j’y travaille, comme facebook, certaines revues, les associations… Et au moins l’autoédition, on est libre et on fait de la qualité contrairement à ce que beaucoup croient…
    C’est dur mais on y croit…

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  5. Jean-Louis Latsague

    J’ai reculé à plusieurs reprises, assez désappointé de la complexité de la chose. Je n’ai pas les moyens de m’offrir une publication à compte d’auteur ; en revanche, j’ai créé un site virtuel sur lequel je ne peux publier qu’une fraction de mes textes et poèmes mais ce début de partage me libère un peu de ce besoin d’échanger. Pour les concours, c’est vrai qu’il y a des associations qui permettent une plus large visibilité, mais cela reste malgré tout quelque peu discrétionnaire. Au final, sauf à investir de manière sérieuse, et donc avec un risque de suicide financier, que reste-t-il comme véritable possibilité ? Malheureusement, trop peu de choses.
    Faudrait-il attendre la retraite pour avoir le temps, et peut-être les moyens, d’engager ce genre de chose ?
    Pourtant, on voit des quantités de publications dont la teneur est assez molle, ou mièvre, choisissez vous-mêmes … Quant à publier de la poésie française, il s’agit plus d’un sacerdoce que d’une activité équilibrée. Le plus surprenant, c’est qu’on rencontre un pourcentage de lecteurs potentiels non négligeable qui disent aimer vraiment la poésie, et qui prouvent par leur assiduité à visiter mon site virtuel la valeur de leurs dires. Il y a un décalage entre ce que vivent les gens et l’image qu’ils en donnent, entre la réalité de chacun et ce qui se pratique de manière publique.
    Je ne sais plus quoi penser ou faire … je suis rendu à cette extrémité : « to be or not to be ! »
    Sans partage un peu plus large, il me reste un petit goût amer sur le cœur, je suis déçu après avoir été reconnu aux concours auxquels j’ai participé. Je n’ai plus besoin de me tester pour mesurer la réponse à mes écrits, je n’ai pas besoin de reconnaissance publique ou de notoriété, je voudrais partager et échanger dans cette essence poétique. Est-ce un rêve inatteignable ?
    Cordialités. Jean-Louis

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  6. Catherine HOLLOCOU

    Il n’existe, à ce jour, aucun accord satisfaisant entre l’édition et les auteurs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la plupart des écrivains ont un autre métier (le journalisme ou l’enseignement pour les plus chanceux). Mais seulement aujourd’hui nous vivons une révolution qui s’intitule « internet ». Il est encore difficile d’en évaluer l’impact et permettez-moi d’être plutôt optimiste sur l’avenir. La communication s’installe et risque de tout changer. A suivre…

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  7. Héloïse

    J’ai écrit un roman refusé, bien sûr, par les grands. Je me suis fait alors éditer – à compte d’éditeur – par un petit éditeur. J’en reviens. Certes, il a vendu une centaine d’exemplaires dans des salons, mais c’est tout (gains environ 200 euros). Les vitrines virtuelles ne servent à rien, par manque de moyens pour la promotion et surtout pour la distribution, le livre reste inconnu au bataillon. En plus, passer par un petit éditeur rend le livre cher : le mien était à 20 euros pour plus de 400 pages, alors que 100 exemplaires imprimés sur copymedia reviennent à 7 euros le livre. Donc, il me paraît plus intéressant de le vendre en autoédition à 15 euros (gain 800 euros au lieu de 200 en passant par l’éditeur) et sans avoir à céder ses droits.
    En un mot : grande édition ou autoédition, les petits éditeurs ne font rien de plus si ce n’est rendre votre livre invendable car trop onéreux. On ne met pas 20 euros pour un inconnu.

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  8. Didier Hallépée

    Lorsque j’ai voulu publier mon premier livre, j’ai fais le tour des spécialistes et en ai vite conclus que seule l’auto-édition m’était accessible à condition de trouver un partenaire de confiance. De plus, l’auto-édition me permettait de maîtriser (si je le souhaitais) l’ensemble de la chaîne.
    J’ai choisi Carrefour du Net et j’en ai été satisfait. Au point que j’ai depuis lors publié une vingtaine de livres avec eux.
    La limite, c’est la promotion : quelle que soit la formule choisie (compte d’éditeur, compte d’auteur, auto-édition), un auteur inconnu ne vendra que s’il sait créer lui-même sa notoriété.
    Un auteur qui se contente de produire son livre ne vendra quasiment rien. Alors, il faut mouiller sa chemise et faire parler, parler, parler de son oeuvre. Et il n’y a pas de recette miracle. Cela demande du temps et de l’imagination.
    Le plus dur dans l’écriture, ce n’est pas d’écrire, c’est de faire connaître l’oeuvre.

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  9. Jean-Frederic Berger

    Article clair qui précise bien les différences et elles sont importantes.
    L’un de mes amis avait eu des déboires lors de sa première édition à compte d’auteur, c’est clair que ce n’est pas la solution.

    Concernant la relecture avant publication, il est clair que s’auto-éditer demande de consacrer du temps à sa maquette, aux corrections orthographiques et à tout un tas de détails que beaucoup d’auteurs, non formés, oublis et c’est dommage.

    Auto-éditer demande de prendre en compte les deux casquettes, celle de l’auteur et celle de l’éditeur avec toute les contraintes que cela comporte pour produire un ouvrage de qualité.

    Mais il est clair que la pleine maîtrise de la chaîne d’édition, hormis l’impression permet de produire des choses de qualité.

    Merci pour cet article de précision

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  10. cotinaud

    Merci de m’éclairer ! j’envisage d’auto éditer un livre sur Amazon.fr Kindle mais voudrais également disposer de livres papier pour la promo et les dépôts en librairie. Comment dois-je procéder ? Il semblerait qu’il existe des imprimeurs qui prennent en charge les commandes et les envois auprès des lecteurs. Besoin de votre aide… merci

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