Comment se professionnaliser en tant qu’auteur ?

Une nouvelle chronique d’écriture de Frédérique Martin, auteure de romans et de nouvelles. Pour la rentrée littéraire de 2012, elle a publié un roman chez Belfond : Le vase où meurt cette verveine. Le roman a obtenu le Grand Prix Littéraire de Villepreux et fait partie de la sélection Talents à découvrir de Cultura. À tes souhaits,est une nouvelle pour adolescents, qu’elle a publiée dans un collectif chez Thierry Magnier : Comme chiens et chats : histoires de frères et sœurs. En 2011 est également paru Le fils prodigue aux éditions de l’Atelier in8.

Cet été, Frédérique Martin anime un atelier d’écriture en résidence pendant une semaine sur le thème : Du vécu à la fiction.

 

Pour franchir un certain nombre d’étapes, il devient vite incontournable de chercher à se professionnaliser. Quel est ce milieu dans lequel je veux évoluer, quelles en sont les règles, comment fonctionne-t-il ? Plusieurs instances sont à connaître : le CNL (Centre national du Livre), la Sofia (Gestion du droit de prêt), l’Agessa (Sécurité sociale des auteurs), la SGDL (Société des gens de lettres), la Mel (Maison des écrivains et de la littérature), la Charte des auteurs jeunesse…

Des usages à connaître

L’auteur n’est pas un pur esprit dégagé des contraintes matérielles. Il les subit comme tout un chacun et nul épicier ou propriétaire ne l’affranchira, au nom de l’Art et des Muses, de payer ce dont il a besoin pour vivre.

Légalement, écrire ne suffit pas pour obtenir le statut officiel d’auteur. C’est un statut complexe, mais encadré et régi par des lois. Il en va de même, pour animer des ateliers d’écriture, donner des lectures publiques, intervenir dans certaines structures. Lorsqu’on est invité quelque part en tant qu’auteur, il y a des usages à connaître et à faire connaître le plus souvent. La Charte des auteurs jeunesse a beaucoup œuvré dans ce sens, il n’est pas inutile de la fréquenter et d’appliquer ses préconisations, même si on ne brigue pas l’affiliation Agessa parce qu’on exerce une autre activité par ailleurs. Durant mon mandat de représentant des auteurs au Centre Régional des Lettres de Midi-Pyrénées, je n’ai pu que constater à quel point la majeure partie d’entre nous reste dans l’ignorance de ses droits comme de ses devoirs. Le plus souvent les démarches administratives barbent les écrivains, le jargon juridique les rebute. Ils s’y intéressent peu, ce qui les conduit parfois à des situations extrêmes. Je milite donc activement pour que cette professionnalisation soit effective et que les informations circulent.

Importance du réseau

La première chose à faire pour un auteur qui débute : se rapprocher du centre régional du livre le plus proche et prendre conseil. La seconde, échanger avec ses pairs. Sans oublier de consulter les sites des instances citées plus haut. À l’heure où le droit d’auteur et la notion historique de propriété intellectuelle de l’œuvre sont fragilisés – pour ne pas dire menacés – par l’irruption du numérique, l’expérience montre qu’un auteur averti en vaut deux.
Qui dit professionnalisation ne met pas en doute l’importance du réseau. A ne pas confondre avec le piston qui lui, sous-tend l’obtention de faveur par d’autres moyens que le mérite. Lorsque j’ai débuté, je ne connaissais personne dans ce milieu, j’insiste sur ce point. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Des relations de réciprocité

Le réseau est un ensemble de personnes avec lesquelles on noue et on entretient des liens. Cela requiert une aptitude bien particulière qui s’appelle le savoir-vivre, notion qui demanderait à elle seule la rédaction de tout un manuel. Je vais m’en tenir à l’essentiel : Fréquenter quelqu’un à seule fin d’en obtenir des avantages est la meilleure façon de se discréditer. Une relation s’établit dans les deux sens, prendre sans donner (et inversement) relève de la captation. Je conseille donc vivement la pratique de l’équanimité – l’art de l’égalité d’âme – quel que soit l’interlocuteur et sa position sociale, quelles que soient les circonstances. Ceux qui vous aideront seront rarement au plus haut de l’échelle – à cette hauteur, l’air est rare et les places sont chères – ceux qui vous aideront seront souvent ceux-là mêmes dont vous n’attendiez rien et auxquels vous n’aviez rien demandé, mais que vous aurez fréquentés pour eux-mêmes.

 

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6 thoughts on “Comment se professionnaliser en tant qu’auteur ?

  1. Didier

    Même les auteurs vivent en société, cela va sans dire mais s’exprime mieux en l’écrivant. Merci Frédérique pour ces précisions plus que pertinentes.

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  2. Bocion

    Bonjour,
    J’ai écrit mon autobiographie. 218 pages avec quelques photos(15)
    Elle est stockée en PDF sur mon disque dur.
    J’ai payé une écrivaine publique Française pour les corrections.
    Mais je ne sais pas que faire de ce document.
    Mes proches ne sont pas intéressés.
    Moi, je le trouve intéressant.
    Que faire?

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