Comment les éditeurs dénichent-ils les futurs bestsellers ?

Les éditeurs ne trouvent pas les romans à succès comme par magie. Pour un qu’ils repèrent, nombreux sont ceux qui leur échappent… au profit de la concurrence.

Toutes les maisons d’édition l’assurent : en France, « le système de l’édition fonctionne bien, (…) il n’y a pas de chef d’oeuvre oublié dans un placard ». Mais comment procèdent-elles pour y parvenir, alors que Gallimard reçoit près de 6 000 manuscrits par an, le Seuil 5 000, Robert Laffont et Fayard 4 000, etc. ? « C’est grâce à un effet de nasse entre éditeurs », avance dans L’Express Philippe Demanet, secrétaire littéraire du service des manuscrits chez Gallimard.

Un « effet de nasse », qu’est-ce que c’est ? Si Philippe Demanet n’offre pas plus d’explication, on devine le mécanisme auquel il fait allusion : en admettant qu’une maison d’édition ne décèle pas le potentiel d’un ouvrage, c’est une autre qui le fera. Ainsi, en 2010, Fayard a loupé HHhH, le manuscrit de Laurent Binet… Et c’est finalement Grasset qui l’a récupéré. Et s’en est frotté les mains : le livre a reçu le prix Goncourt du premier roman en 2010 et s’est écoulé à 200 000 exemplaires. De la même manière, Olivier Cohen, des éditions de L’Olivier, a laissé passer en 1999 Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, d’Anna Gavalda. Une mésaventure dont a très largement profité Le Dilettante, puisque le recueil de nouvelles, lauréat du prix RTL-Lire en 2000, s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires !

L’arme des comités de lecture

Les exemples de ce type sont légions. Et les malchanceux ne sont pas toujours les mêmes. Pour l’éviter en tout cas, chaque éditeur a mis en place un comité de lecture, qui se réunit à intervalles plus ou moins fréquents. Le plus célèbre, celui de Gallimard, rassemble 17 membres une fois par mois, autour du président de la maison. Robert Laffont a aussi opté pour le rythme mensuel, tandis que Grasset et Le Seuil préfèrent la base d’une rencontre par semaine.

Tous le jurent néanmoins : tous les manuscrits sont lus avec attention, et la décision quant à leur éventuelle publication est prise de manière collective. Sauf chez Héloïse d’Ormesson et P.O.L. « L’unique lecteur s’appelle Paul Otchakovsky-Laurens ! confirme ainsi Jean-Paul Hirsch, bras droit du patron. Il décide seul de la publication, même s’il lui arrive de me demander mon sentiment. Ses choix sont délibérés et il assume parfaitement le refus d’un texte qui connaîtra le succès ailleurs. »

(d’après L’Express)

Sur le même sujet, lire aussi : 

Les éditions Gallimard…version ratés

Tout savoir sur le comité de lecture de Gallimard

Vous souhaitez vous autoéditer ?

aide autoeditionPour vous, l’autoédition a un goût de liberté ! Contactez-nous et nous vous accompagnerons tout au long de la création de votre livre au format papier ou numérique. En savoir +

Faites corriger votre manuscrit !

visu-correction-carreUne correctrice professionnelle débusque dans votre texte les erreurs d’orthographe, de grammaire et de syntaxe, les fautes typographiques, les lourdeurs et les répétitions. En savoir +

Partagez cet article

3 thoughts on “Comment les éditeurs dénichent-ils les futurs bestsellers ?

  1. Marco

    Je pense aussi qu’un bon texte finit toujours par être accepté par quelqu’un !
    Mais le problème, comme l’explique Marion Mazauric dans une interview, est que chaque maison se fixe un certain nombre de publications par an, et que les nouveaux manuscrits des auteurs « maison » couvrent souvent la quasi intégralité des places disponibles. Il ne reste donc pas beaucoup de place pour les autres!
    En outre, les manuscrits des auteurs maison sont quasi toujours publiés, à moins d’être vraiment mauvais, car ils assurent à l’éditeur un minimum de ventes et la fidélité de l’auteur. Vous vous doutez bien que le nouveau Hoellebecq ou Nothomb ou Beigbeder ou de n’importe qui qui vend bien, est forcément publié par l’éditeur, même si c’est médiocre… Ainsi, un manuscrit arrivé par la poste doit être meilleur que ceux des auteurs maison pour avoir des chances d’être retenu. Et c’est aussi pour ça qu’autant de livres médiocres sont publiés chaque année par de bons éditeurs.

    Reply
  2. Delaunois Thierry-Marie

    Votre page est très instructive. Moi aussi, je me frotte aux « grandes » maisons d’édition: j’ai un manuscrit très élaboré qui a été refusé par Albin Michel, Héloïse d’Ormesson, les impressions nouvelles et le Dilettante. Ce dernier a osé m’écrire: très bien écrit, recherché et très élaboré mais « trop pur par le style, trop de bon sentiments et de positivité, qui rendent le récit peu crédible ». Et quand l’on voit les meilleures ventes 2011 de la Fnac, on constate que c’est la victoire des valeurs humanistes et bons sentiments. De qui se moque-t-on? Si vous êtes intéressé par la lecture de ce manuscrit, je vous envoie volontiers un exemplaire à votre demande, mais laissez-moi dans ce cas votre adresse postale complète. Merci. J’ai 8 manuscrits à mon actif en 7 ans, dont 3 publiés malheureusement à compte d’auteur: pas eu d’autre choix pour me retrouver en rayon. Cordialement, Thierry-Marie Delaunois. PS: Je ne publierai plus à compte d’auteur. Ce n’était pas une erreur mais une expérience à vivre.

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.