Carlos Liscano : Comment être écrivain ?

« Je crois que pour être écrivain, on doit prendre une décision radicale et absolue. » C’est ce que proclame le célèbre écrivain uruguayen Carlos Liscano.

Difficile de comprendre Carlos Liscano sans connaître son histoire particulière. Ecrivain uruguayen condamné pour raisons politiques par la junte au pouvoir quand il avait 22 ans, il passe 13 ans en prison. 13 années de solitude et de torture au cours desquelles, il se met à écrire pour tromper l’attente et la folie. Libéré en 1985, Carlos Liscano s’exile en Suède, où il exerce les professions de traducteur, journaliste, professeur d’espagnol et écrivain. En 1996, il rentre en Uruguay, où il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands écrivains contemporains. Dans son dernier livre, L’Ecrivain et l’autre, il parle de sa difficulté à écrire et donne sa vision de l’écrivain. Découvrez les 4 vidéos de son interview…

Cette rencontre, organisée par la Maison des Ecrivains et de la Littérature, était animée par Christine Ferniot, journaliste pour Télérama. La traduction était assurée par Pascale Fougère.

Comment être écrivain ?

http://www.dailymotion.com/video/xcj1kb

L’écrivain est toujours deux

http://www.dailymotion.com/video/xcj1e3

L’écriture mêle souffrance et plaisir

http://www.dailymotion.com/video/xcj1ks

La vanité de l’écrivain

http://www.dailymotion.com/video/xcj1l0

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7 thoughts on “Carlos Liscano : Comment être écrivain ?

  1. Frédérique Martin

    Tout à fait passionnant à écouter.
    Je suis d’accord avec la double fonction, personnage public, personne privée, tout en ne la vivant pas comme une double identité. Au contraire, je sens une unité intérieure, même quand je passe d’une fonction à l’autre, c’est à dire que je suis moi dans toutes les occasions. Ce sont les regards sur moi qui changent suivant les circonstances. Cela rejoint le problème identitaire de l’écrivain et la nécessité absolue de fonder cette identité en dehors de toute validation extérieure.
    Ah, la vanité ! C’est vrai qu’il faut croire qu’on a quelque chose à dire, ce qui est une marque d’orgueil en soi. Mélange subtil de doutes et de certitudes, il faut savoir garder une distance, être capable de se regarder avec sérieux et dérision. C’est un travail permanent d’équilibriste, seul sur son fil.

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  2. canis brigitte

    Bonjour,
    En bibliothèque,par hasard,,j’ai découvert L’écrivain et l’autre,,,,,,,, Passionnant,,et depuis je lis d’autres livres de vous……Je suis occupée de lire L’impunité des bourreaux,,,,,,,,,,,,,,,Etant mère adoptive dde deux enfants du Chili,,l’histoire de Juan gelman me poursuit ,,,,, et m’a bouleversé…………Mes enfants sont nés en 1976 et 1977 au Chili,,,,,et je n’ai eu que très peu de renseignements concernant leur petite enfance…..Etant en retraite,,après des études de philosophie,,et de psychologie,,,,,,,,,et une vie professionnelle de 20 ans en tant que psychologue,,,,,,,J’aimerai connaitre et rencontrer la famille de mes enfants,,,,,,,,,Sont ils des enfants de disparus?????……Peut être ,pouvez vous m’aider???

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  3. Marco

    Pas tout à fait d’accord avec ce que dit Liscano sur les « écrivains du dimanche »: certains pensent que pour « bien écrire » il faut en faire son activité à temps plein, alors que d’autres (j’en fais partie), pensent qu’avoir une autre activité, permet d’avoir des expériences, de vivre des choses, qui nous permettent d’être acteur et spectateur à la fois de la vie. Rappelons que Céline, pour ne faire qu’un exemple, était un écrivain du dimanche…

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  4. Gilles

    Autant je suis d’accord sur l’affirmation que « pour être écrivain, on doit prendre une décision radicale et absolue. » (tant qu’elle n’est pas prise, on mégote, mais on perd ne pas forcément son temps), autant je voudrais relativiser la suite du propos de Carlos Liscano :
    « Si on y réfléchissait bien, on ne déciderait pas de devenir écrivain, parce que quelqu’un qui décide de devenir écrivain, c’est 30 ou 40 ans de sa vie qui vont être dédiés à l’écriture, ce qui veut dire être seul, assis, silencieux, des milliers d’heures. »
    par la remarque que d’autres métiers nécessitent la même solitude. Certains informaticiens, certains scientifiques, certains artisans. Pour moi, écrire est retrouver la même solitude que j’ai pratiquement toujours connue dans ma vie professionnelle. Ce qui est difficile (me semble-t-il) n’est pas la solitude mais de s’astreindre à une auto-discipline quotidienne sur le long terme. Travailler chaque jour, produire quelque chose, même imparfait, avancer régulièrement. Et pour cela, dans mon cas, il m’a fallu d’abord avoir confiance dans l’écriture elle-même, dans sa vitalité, sa capacité générative à partir de ces fils que l’on tire. Et cette confiance, qu’elle peut être difficile à trouver ! Il m’a fallu — je parle encore de moi — accéder à mon intuition et fournir à mon côté rationnel le passeport qu’il demandait : la compréhension des mécanismes internes… ce qui fera sourire beaucoup de personnes qui écrivent sans être passées par cette case « technique », maîtrisant de façon empirique, instinctive, ou parce qu’elles ont reçu une solide formation littéraire.

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  5. intissam dahilou

    je susi comorienne et le fait de devenir ecrivain m’est tres difficile , pas pour l’imagination car j’en ai mais pour les moyens.si pour devenir ecrivain ,on a besoin de s’eloigner du public ce n’est pas forcement mon cas.j’ecris beaucoup meme si je n’ai pas encore publié.mais je me rends compte que d’une part l’ecrivain a besoin de s’evader pour rester dans son element .seulement se separer du monde et se jetter dans la solitude n’est pas tout a fait le mot car on a besoin d’etre sociale pour comprendre et aussi imaginer.on arrive a ecrire qu’apres avoir vecu ou si non inspirer une histoire ou des idées ou un geste ou pouquoi pas une image…

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  6. Alexis

     » Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent, apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. L’artiste se forge dans cet aller retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher. C’est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger.  » Camus, DISCOURS DU 10 DÉCEMBRE 1957.

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  7. Mamadou

    jeune ivoirien de 22ans j’ai voulu qu’à 18 ans je publie mon 1er roman mais à defaut de conditions je n’es pas pu. Aujourd’hui je pense avoir ces conditions mais je vous demande des conseils.

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