« chick-lit » : appellation pertinente ou réductrice ?

Sophie Kinsella

Sophie Kinsella

Le terme « chick-lit » est utilisé depuis 1996 pour évoquer les romans écrits par les femmes, pour les femmes. Il ne fait pourtant pas l’unanimité parmi les auteures. Jugée trop futile, cette expression ne correspondrait pas à un genre qui se veut sérieux et représentatif de la vie de ses lectrices.

L’irlandaise Marian Keyes est l’une des fondatrices de la chick-lit, auteure notamment d’Un homme trop charmant (ed. Belfond) : « J’accepte mieux le terme désormais. Auparavant, il me frustrait car je le trouvais trop réducteur. Il répandait uniquement l’idée du rose et du shopping. Avec l’expérience, j’ai appris à être fière de mes écrits et je sais qu’ils représentent un bon moment pour les lecteurs. J’aimerais que notre monde soit moins patriarcal mais nous, auteures de chick-lit, tentons de positiver. »

Victoria Hislop, révélation littéraire en Grande-Bretagne pour son roman L’île des oubliés (ed. Les escales) : « Le terme chick-lit m’énerve. Les femmes ont prouvé qu’elles pouvaient être écrivaines, elles n’ont pas besoin d’un positionnement spécial pour célébrer leurs efforts. Ce terme est l’oeuvre des maisons d’édition, qui l’estiment utile pour leur marketing. En tant qu’auteures, nous n’avons pas le choix. Les éditeurs veulent toujours nous mettre dans des catégories. Mais il n’y a pas de littérature masculine, après tout. C’est agaçant pour un auteur d’être décrit comme un autre alors qu’il veut juste être dit écrivain. »

Melissa Bank, auteure du Manuel de chasse et de pêche à l’usage des filles (ed. Payot et Rivages) : « Je n’aime pas ce mot. D’un côté, je reconnais que le succès du livre est en partie dû à son positionnement et j’en suis reconnaissante. D’un autre côté, le terme chick-lit fait peu littéraire et surtout très peu sérieux. Cette catégorisation enferme auteures et lecteurs : on a l’impression qu’il est nécessaire de faire partie du groupe pour lire cette littérature, c’est très réducteur. Il s’agirait presque d’un nom de code pour les initiés. »

 Sophie Kinsella a notamment écrit la série L’accro du shopping (ed. Pocket) : « Je suis plutôt à l’aise avec cette expression, en partie parce qu’elle est très vague. Qu’est-ce que cela signifie ? Personne n’en est vraiment sûre. Mais c’est une honte de catégoriser un lectorat dit 100% féminin. Je sais que certains hommes lisent mes livres, même s’ils les cachent dans des magazines de sport ! Je préfère encore le terme comédie romantique. »

Emily Giffin, auteure de Prête-moi ton homme (ed. Michel Lafon) : « Le terme ne me dérange pas. Ce qui m’ennuie, c’est l’utilisation déplacée du label. Il est trop souvent associé à une lecture de plage. Pour ma part, j’essaie simplement d’écrire sur les problèmes que l’on connait tous, tout en explorant certaines émotions afin de poser des questions. »
(Crédit photo : Sophie Kinsella © Opale)

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