Ces couples d’écrivains

Ils partagent leur vie, mais aussi le même métier : celui d’écrivain. Comment vivent-ils cette double relation au quotidien ?

De leur relation de couple, ils ne disent bien entendu rien, ou très peu. Et quand on leur parle de leur passion commune pour l’écriture, les confidences ne viennent pas plus facilement. Qu’il s’agisse de vieux « baroudeurs » comme Philippe Sollers et Julia Kristeva (45 ans de vie commune), ou de trentenaires comme Vincent Message et Cloé Korman, les couples d’écrivains ont souvent tendance à se montrer discrets, sur leur histoire d’amour, mais aussi sur leurs rapports en tant que romanciers. « Cette vie d’écrivains à deux est fragile, très floue, elle évolue en permanence. Nous nous en tenons pour l’instant tant bien que mal à l’adage:  ‘pour vivre heureux, vivons cachés' », confie ainsi Vincent Message au Figaro.

D’autres, en revanche, ont moins de gêne à raconter cette double relation. Pour Simonetta Greggio par exemple, échanger à propos d’écriture avec son compagnon, lui aussi auteur, est chose naturelle. Et même indispensable : « On parle de nos idées, de nos projets, et des manuscrits en cours, confirme-t-elle. C’est un des plaisirs qu’on partage, comme on partage les doutes. On peut même demander l’avis de l’autre. Ce n’est pas un secret, c’est une… activité permanente. »

Entre soutien et jalousie

Autre forme de proximité, l’influence que chacun exerce sur l’écriture de l’autre : « Nos œuvres ne se nourrissent pas mutuellement, mais boivent à certaines sources que nous avons en partage, raconte par exemple Jean-Yves Cendrey, le compagnon de Marie NDiayeCe qui fait parfois que, sans se répondre, nos écritures font appel aux mêmes situations, aux mêmes observations, traduites de manières éloignées mais qui ici et là gardent trace d’amusantes parentés. »

Et existe-t-il de la jalousie entre les conjoints ? Selon Claude Pujade-Renaud, qui vécut avec l’écrivain Daniel Zimmermann, celle-ci est inévitable, même si, au départ, le sentiment est bon : « La générosité qu’on peut déployer vis-à-vis de son compagnon se teinte forcément de rivalité. Surtout quand l’un connaît le succès tandis que l’autre est à la peine, dans l’obscurité d’un début de roman », estime-t-elle. Un point de vue que ne partage pas Simonetta Greggio : « Quelle jalousie ? Celles des ventes ? Des avances sur droits ? Des critiques ? Je ne sais pas s’il me manque une case, mais quand ses livres sont aimés, je suis ravie. Presque comme si c’étaient les miens. Si ce presque c’est de la jalousie, alors je suis jalouse. Mais je ne crois pas. »

(d’après Le Figaro)

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