Ce que la poésie peut apporter à votre écriture de fiction

La poésie peut améliorer votre choix de mots, rendre votre prose plus concise et encourager une approche plus créative de l’écriture.

La poésie permet d’échapper à une écriture trop standard

L’écriture fictionnelle doit être concise, et la poésie porte ce concept à l’extrême. Un poème long de deux pages peut être transformé en un poème long de 12 lignes sans que rien d’essentiel ne soit perdu ! Ecrire de la poésie, c’est être capable de manier à la fois la hache et le scalpel. Ce côté impitoyable peut être utilisé pour la prose.

L’écriture poétique consiste à tirer le plus possible des procédés mis en œuvre. Dans l’écriture en prose, il est tentant de prendre l’habitude de multiplier les phrases pour multiplier les sens. Mais dans la poésie, les mots doivent avoir deux voire trois significations. Les poètes explorent (et exploitent) chaque lecture possible d’un mot. Ecrire de la poésie, c’est travailler un choix de mots qui ressortiront particulièrement une fois utilisés dans l’écriture en prose.

La poésie force à abandonner tout contrôle

On apprend à l’école à construire un plan avant d’entreprendre d’écrire. Cela fonctionne bien pour la fiction. Mais dans la poésie, partir avec l’intention d’écrire quelque chose de spécifique est rarement une bonne stratégie. Les premiers poèmes sont souvent prosaïques, dans tous les sens. Ils peuvent ressembler à l’ébauche d’un roman. Mais les poètes doivent abandonner l’envie d’identifier et de s’agripper à leurs intentions trop fermement. La poésie navigue dans un monde où la prose balbutie, où ce mot sur le bout de votre langue n’est pas vraiment un mot. Apprendre à faire confiance à sa muse, même lorsque l’on ne sait pas où elle nous mène, enrichit considérablement la prose.

La poésie ne définit pas

Essayer de définir peut s’avérer comique. Définir un personnage, une intrigue, le but d’une scène, c’est en perdre son essence. Comme essayer de démontrer la beauté d’un papillon en le clouant au mur. La poésie ne cherche pas à définir, elle cherche à incarner. La prose peut également le faire, et la poésie l’y aider.

Écrire de la poésie pour le plaisir

Les écrivains font face à la pression de la publication, des dates de remise de leurs textes et de la promotion, tout en affrontant les refus et autres déconvenues de la vie d’écrivain. De telles exigences peuvent pousser les muses à faire grève. Pour écrire des romans, il faut savoir se nourrir de la pression. Mais s’essayer à la poésie offre un espace sans contraintes, sans structure, sans jugement, pour jouer avec les mots. La poésie consiste à prendre des risques, à danser nue et se casser la figure, à se barricader dans un endroit silencieux pour le pur plaisir d’écrire et envoyer au diable les dates de remise.

Pratiquer l’écriture poétique ne fait pas nécessairement de nous un meilleur poète, mais un meilleur écrivain. Un auteur de prose qui s’essaye avec zèle à la poésie, c’est un peu comme un joueur de football américain qui s’essaye au ballet. De l’extérieur, cela peut sembler être une perte de temps. Mais c’est l’interaction et le fossé entre les deux formes qui permet l’élévation et le perfectionnement de la pratique des deux genres.

(Crédit photo : © styf – Fotolia.com)

PASSEZ À LA PRATIQUE !
Vous venez juste de terminer votre roman et vous songez déjà à l’envoyer à des éditeurs ? Vous êtes certains de ne pas sauter une étape ? Sachez qu’un premier jet ne sera jamais édité. Tous les écrivains retravaillent leur texte avant de le publier. Faites évaluer votre manuscrit par nos conseillers littéraires. Ils vous aideront à améliorer votre manuscrit et augmenteront ainsi vos chances d’être édités.
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4 thoughts on “Ce que la poésie peut apporter à votre écriture de fiction

  1. jean-louis latsague

    Oh que oui, c’est précieux et inimitable … expérience des inversions provoquées par l’obligation du nombre de pieds, ou encore concision obligatoire parce que le mètre classique force à diminuer. Beaucoup de choses non dites seront malgré tout présentes. Je ne peux qu’engager le lecteur à essayer, se « ramasser des pelles » au besoin … la beauté recherchée trop souvent s’avère de temps en temps d’elle-même, comme une bonne surprise qu’on n’attendait plus. Excellent exercice, qui pousse à la déformation du formel pour en tirer l’essentiel, la quintescence primale. Et l’imagination fera tout le reste, le lecteur reste maître de ses chimères parce qu’elle ne sont que supposées …

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  2. JCP

    Bel hymne – et tentative de définition de l’insaisissable et fragile poésie, concentré de sens, de non-sens, de dit et de non dit.
    La pratique du haïku peut de même -sinon plus – je crois, apporter à l’écriture en prose concision et densité accrues.

    Cordialités, Jean-Claude

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  3. Okpoesie

    Merci de ce support poétique. Mais pour les amoureux de ce style il y a également http://www.okpoesie.com où vous pourrez faire connaître vos oeuvres.

    Malgré le monde instable qui nous entoure, il est rassurant de voir qu’un nombre important parmi vous essaye de rendre les mots plus beaux !

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  4. Micheline Hecquard

    Périodiquement, au réveil, une petite musique surgit, un ou deux vers, quelques rimes…ça chante; je vais vite noter ces bribes qui me parlent. Quelques heures plus tard, si je prends le stylo, je découvre, avec stupéfaction, que la bobine se dévide, le poème était là, comme s’il s’était caché en attendant que je lui permette d’entrer; il est venu presque tout seul, il n’y a plus qu’à peaufiner, se réjouir, c’est du bonheur!

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