Bientôt la fin du marché du livre en Grèce ?

En Grèce, la crise touche aussi le livre. Les éditeurs en arrivent à les distribuer gratuitement. Le livre grec serait-il menacé de disparaître ?

Le quotidien français Le Monde est parti à la rencontre des acteurs de la chaîne du livre grecs, qui subissent la crise de plein fouet. Les éditeurs cessent de plus en plus leurs activités, les librairies mettent la clé sous la porte, même les magazines littéraires disparaissent peu à peu.

Continuer par amour du livre

En deux ans, les tirages de l’édition grecque ont chuté de 40%. Les maisons d’édition n’ont plus de quoi payer leurs employés, qui viennent alors travailler gratuitement, si la maison n’a pas déjà mis la clé sous la porte. Nontas Papageorgiou, des éditions Metaixmio avoue qu’il faut « un véritable amour du livre pour continuer« . Les librairies qui ferment peu à peu ne peuvent en effet plus payer les maisons d’édition. Ces dernières en viennent à distribuer gratuitement leurs livres : « J’ai cessé de donner nos livres à la grande chaîne de librairies Elefteroudakis » affirme Eva Karaitidi, patronne de la grande maison d’édition Hestia. « Je me dis que si les libraires ne payent plus les éditeurs, autant offrir directement nos ouvrages aux lecteurs ! C’est ce que je fais d’ailleurs… Je passe mon temps à offrir des livres ! « . Les auteurs de demain fuient également cette Grèce endettée. Socrates Petmezas, professeur d’histoire sociale à l’université de Crète fait ce constat amer :  » Au total, la Grèce a déjà perdu 200 000 à 300 000 jeunes excellents, ambitieux, et qui sont partis pour de bon. En sciences humaines, ils étaient les auteurs de demain… « . Ceux qui restent voient leurs droits d’auteur chuter. Combien de temps vont-ils encore tenir dans ce contexte ?

Le yoga comme solution ?

Beaucoup d’éditeurs et beaucoup de Grecs plus généralement, avouent s’être mis au yoga. En dehors des livres sur la crise, ceux sur le yoga sont les seuls à résister. Un éditeur spécialisé dans le yoga et la spiritualité explique que les Grecs cherchent du sens ailleurs. Ce qui n’est pas sans inquiéter l’Eglise orthodoxe qui a mis en place une campagne publicitaire dans laquelle des posters interpellent les Grecs : « Le yoga ne résout rien. Il n’est qu’un substitut qui aveugle les gens. Un aveugle ne peut reconnaître ses péchés… « . Les Grecs cherchent alors à continuer malgré tout. Le quotidien Le Monde donne enfin la parole à Catherine Velissaris, directrice du Centre national du livre grec, qui se bat pour maintenir des activités littéraires et culturelles dans le pays : « Les gens ont besoin de penser que la vie continue ». Espérons que le plan de redressement promu par le parti Nouvelle Démocratie permettra également d’améliorer la situation des acteurs du livre en Grèce. 

Source :
Le Monde 

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