Barbara Cartland a-t-elle plagié des romans ?

L’écrivaine britannique, auteur de plus de 700 romans sentimentaux, se serait trop fortement inspirée des livres d’une de ses rivales littéraires pour certaines de ses intrigues.

La dame en rose n’est peut-être pas toute blanche. Célèbre pour ses tenues de couleur rose, Barbara Cartland a écrit plus de 700 romans sentimentaux. Mais l’écrivaine aurait plagié certaines de ses histoires sur une autre reine du genre, Georgette Heyer. Ces accusations sont révélées dans une biographie consacrée à cette dernière, Georgette Heyer : biography of a Bestseller, écrite par Jennifer Koestler et publiée début octobre au Royaume-Uni.

Dans cet ouvrage sont citées des lettres écrites par Georgette Heyer. L’écrivaine, dont les 56 romans sentimentaux se sont vendus à plusieurs dizaines de millions d’exemplaires, y accuse Barbara Cartland d’avoir voulu « se faire de l’argent sur son dos » et de se comporter comme « une petite voleuse ». En particulier, elle lui reproche des ressemblances plus que troublantes entre Le valet de coeur (1950) et plusieurs de ses romans. « Pour l’intrigue principale, Mademoiselle Cartland a trouvé son inspiration uniquement dans mon roman Ce merveilleux passé (1926), s’indigne-t-elle. Mais, pour plusieurs situations et personnages, elle a pioché dans pas moins de quatre de mes livres. »

Des emprunts parfois très peu discrets

Des emprunts qui, s’emporte Georgette Heyer, étaient parfois très peu discrets. L’écrivaine cite ainsi l’exemple de Sir Montagu Revesby, un de ses personnages dans Friday’s Child (1944), qui devient Sir Montagu Reversby chez Barbara Cartland… « Sans compter les titres identiques, ou modifiés de manière minime, et les tournures de phrases démodées qui ont été reprises textuellement », ajoute-t-elle. Avant de s’agacer : « Je pense que j’aurais mieux supporté ces pratiques si Mademoiselle Cartland n’avait pas été si commune d’esprit, salace et illettrée. »

En tout cas, comme le raconte Jennifer Koestler dans sa biographie, la colère de Georgette Heyer a porté ses fruits. Si l’affaire n’est pas allée devant les tribunaux, celle-ci a partiellement obtenu ce qu’elle désirait : Le valet de coeur, le roman au centre des accusations de plagiat, a finalement été retiré de la circulation, avant d’être réédité sous un autre titre The Innocent Heiress, complété de la mention « Dans la tradition de Georgette Heyer ».

(d’après The Guardian)

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