Arte présente la Turquie des écrivains

                                                                         arte ohran pamuk

Ce mercredi 22 octobre à 22h25, Arte diffuse le second volet de sa série « L’Europe des écrivains ». Réalisé par Mathilde Damoisel, ce numéro est consacré à la Turquie. Les écrivains Orhan Pamuk, Sema Kaygusuz et Elif Shafak apportent leur regard sur la langue, la politique, la patrie et la culture. L’occasion de connaître les méthodes et les qualités littéraires de trois grands écrivains.

La contemplation
Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature en 2006, évoque l’influence de la ville d’Istanbul sur sa personnalité. Ses observations naissent de la mélancolie qu’il éprouve à l’encontre de ce paysage urbain. L’auteur distingue cet hüzün (équivalent turc du spleen) de la mélancolie occidentale. Pour lui, cette mélancolie a une dimension morale et idéologique. Elle renvoie au rapport très fort entre la ville et la communauté.

Le travail sur la langue
En 1923, Kemal Atatürk instaure la République de Turquie. Ce virement politique entraîne notamment une réforme de la langue. Elif Shafak, auteure la plus lue du pays, évoque une langue « nationalisée », privée de ses influences arabes et perses. La grammaire et le vocabulaire sont simplifiés. L’auteure révèle ainsi la difficulté d’exprimer des nuances, notamment de couleurs : les mots justes sont perdus, car ils venaient du persan. Elle mêle donc vieux mots et termes modernes dans ses récits. Comme elle, Orhan Pamuk s’écarte des conventions linguistiques pour écrire, afin d’enrichir sa prose.

La compréhension de son environnement
La curiosité et l’ouverture d’esprit permettent le discernement, qualité première du romancier. L’auteur donne une clé de sa sensibilité d’écrivain : la compassion. Pour lui, compassion et compréhension sont les fondements de l’art du roman. Pour écrire son nouveau livre, il demande ainsi à ses assistants de parler aux habitants d’Istanbul et d’observer la ville pour la mieux comprendre.

L’indépendance
Pour Orhan Pamuk, tout écrivain se doit de critiquer la société. Pour réfléchir avec justesse, il ne faut pas appartenir complètement à une communauté. Cette liberté de parole les amène à prendre des risques. En effet, Elif Shafak et lui ont été condamnés en 2006 pour « outrage à l’identité turque » du fait de leurs écrits sur le génocide arménien. Sema Kaygusuz a quant à elle soulevé un malaise politique à la sortie de son livre Ce lieu sur ton visage. Elle évoque la ville de Dersim et les massacres d’Alevis qui y furent perpétrés en 1938. Cet ouvrage sur un sujet tabou a soulevé à la fois une vague de déni et de gratitude.

Ce documentaire est encore visible jusqu’au 28/10/14 sur le site Arte+7

A suivre dans la série L’Europe des écrivains : l’ Islande, la Suède, le Danemark, la Grèce et le Portugal.

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