A quoi servent les romans d’amour ?

Les romans d’amour ne font pas qu’exalter les sentiments. Selon certains, ils invitent aussi à transgresser l’ordre social ou, au contraire, à s’y conformer.

Ah, l’amour… Les romans qui en parlent sont légions, et ce depuis très longtemps. Le magazine Télérama leur a récemment consacré un long article. Celui-ci s’intéresse au rôle qu’occupent, dans la littérature et dans la société en général, ces oeuvres où se mêlent « les passions, les désirs, les vies emportées, sublimées ou gâchées, les émois sincères comme les renoncements désespérés ». Il s’appuie pour cela sur la sortie de deux essais, Une histoire des romans d’amour (Pierre Lepape) et Et si l’amour durait (Alain Finkielkraut).

Si la fonction « de base » du roman d’amour a toujours été le divertissement, « il présenterait aussi d’autres attraits », écrit Gilles Heuré. Il serait, poursuit le journaliste en s’appuyant sur les réflexions de Lepape et Finkielkraut, « [une] invitation à s’immerger dans nos propres ambitions amoureuses ». En clair, il aurait aussi une fonction d’apprentissage. Ainsi en va-t-il, par exemple, de la princesse de Clèves. Dans ce livre, l’héroïne refuse de s’abandonner à l’homme qu’elle aime. Pourtant, elle le pourrait : son mari, à qui elle a avoué en aimer un autre, est mort (de chagrin). Mais l’intransigeance l’emporte. « Ce roman nous questionne, il nous renvoie à nos propres démissions », résume Gilles Heuré.

« Comprendre l’amour est aussi difficile que d’écrire un roman »

Quant à Daphnis et Chloé, ou Tristan et Iseut, ils auraient été conçus par leurs auteurs, selon les deux essayistes, non pour encourager les histoires d’amour entre gens de classes sociales différentes, mais au contraire pour s’en préserver. « Les fourberies et les drames que [ces deux romans] décrivent sonnent comme des mises en garde contre les intempérances de l’âme, du coeur et, accessoirement, du corps, synthétise là encore le journaliste de Télérama. Immoral et idéologique­ment dangereux, l’amour doit rester maîtrisé par l’ordre social : on ne fraie pas inconsi­dérément, sous peine de déchéance. »

Si les romans d’amour n’ont plus pour objectif, aujourd’hui, de mettre en garde les foules contre les dangers de la passion, ils illustrent un constat, sur lequel conclut Gilles Heuré en osant une comparaison : « [Il est difficile] de comprendre l’amour, autant que d’écrire un roman. »

(d’après Télérama)

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