A la recherche des résidences d’écrivains

On connaît bien la villa Médicis, à Rome, mais il existe plein d’autres résidences d’écrivains à travers le monde. Et pour tous les goûts.

On en compterait près d’une centaine en France, mais même la Maison des écrivains et de la littérature (MEL), chargée de recenser les lieux, éprouve des difficultés à tenir la liste à jour. Créées par une commune, une association ou un particulier (libraire, bibliothécaire, héritier…), les résidences d’écrivain sont plus ou moins organisées et pérennes. Mais toutes répondent à une double volonté : pour ceux qui les fondent, celle de faire vivre un lieu ; pour les auteurs, l’envie de venir créer dans un cadre différent. Petit tour de ces endroits à la notoriété très disparate.

La villa Médicis, « Graal des Graals »

Beaucoup d’aspirants, mais seulement deux élus par an : fondée en 1666, la célébrissime villa Médicis, à Rome, attire toutes les convoitises. Ingres, Fragonard, Berlioz, Bizet, Debussy… elle a accueilli parmi les plus grands artistes français. « C’est le Graal des Graals », confirme Olivier Bleys, qui a postulé pour la prochaine promotion, après avoir été recalé une première fois il y a deux ans. Il faut dire que la sélection est drastique : un premier tri s’opère sur dossier, puis les candidats retenus passent un grand oral devant un jury composé par le ministère de la Culture. Au bout, pour les reçus, une année dans la capitale italienne et une allocation mensuelle confortable de 3 300 euros.

Jean-Baptiste Del Amo, auteur de Une éducation libertine (Gallimard, 2008), vient de rentrer de son séjour là-bas. Il juge cette expérience très bénéfique, puisqu’il y a terminé Le sel, son deuxième roman, et bien avancé le troisième. Mais il avoue aussi émerger difficilement de cette parenthèse enchantée : « Le retour est dur, une vraie claque », confesse-t-il.

Pour Céline Minard, le sentiment premier est plutôt celui de la frustration. Sélectionnée pour effectuer une année à la villa Kujoyama, à Kyoto (Japon), elle a dû rentrer bien plus tôt que prévu. La faute à l’explosion du premier réacteur de la centrale nucléaire de Fukushima, le 11 mars dernier. Ceux qui ont eu la chance de profiter de l’expérience jusqu’au bout, eux, confient, avoir été dépaysés et stimulés. « On est isolé, on perd ses habitudes, ses amis, c’est une bonne chose, raconte Céline Curiol, pensionnaire en 2008. Et on se lie avec d’autres créateurs, ainsi j’ai monté un projet avec un photographe plasticien. »

Sur la trace des grands écrivains… ou pas

Tout aussi recherchés sont les anciens lieux d’habitation de grands écrivains. Ainsi en est-il du domaine de Klarskovgaard (Danemark), où Céline a résidé entre 1948 et 1951, de la maison de Louis Guilloux à Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), ou de celle de Jules Roy à Vézelay (Yonne). La villa de Marguerite Yourcenar, au Mont Noir (Nord), jouit elle aussi d’une très bonne réputation. « On peut y travailler en toute quiétude », s’enthousiasme Lorette Nobécourt, qui vient d’y terminer son prochain romain (Grâce leur soit rendue, Grasset).

Et pour ceux qui ne se sentent pas de quitter famille et habitudes, il existe toujours un compromis. Proposée notamment par le conseil général de Seine-Saint-Denis et la région Ile-de-France, la « résidence hors les murs » permet à de nombreux auteurs de se consacrer à un projet personnel, tout en s’associant à l’animation d’une structure culturelle, le tout en temps fractionné. Fred Vargas, Pierre Michon, ou Didier Daeninckx ont ainsi profité de cette opportunité.

(d’après l’Express)

Lire aussi : Résidences d’écrivains et prix littéraires rémunérateurs

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One thought on “A la recherche des résidences d’écrivains

  1. Huet valérie

    Je me permets juste de préciser qu’une allocation ce n’est pas un salaire. Que la plupart des écrivains ont le statut de travailleur indépendant, et qu’ils doivent (c’est obligatoire) payer des charges sociales (Sécu / assurance vieillesse etc.)
    Le montant des charges sociales pour un travailleur indépendant étant de 53%,
    le salaire net de l’heureux(se) élu(e) à la villa Médicis sera au final de 1550 €.
    Ce qui est loin d’être mirobolant compte tenu du talent de ces personnes.
    Valérie Huet

    Reply

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