704 traumatismes crâniens dans les aventures d’Astérix

Des chercheurs allemands se sont amusés à calculer le nombre de blessure au crâne dans les albums du célèbre Gaulois. Sérieux s’abstenir…

Encore une étude scientifique qui fera sourire certains et s’arracher les cheveux aux autres. Si l’on en croit un article publié dans la très sérieuse revue européenne de neurochirurgie, Acta Neurochirurgica, les Romains des albums d’Astérix sont vraiment à plaindre. Sur les 704 blessures traumatiques au cerveau recensées dans les 34 albums de la série, 63,9 % ont ainsi concerné les soldats de Jules César. Cent-vingt ont été infligées à des Gaulois, 59 à des pirates et/ou des bandits et 20 à des Goths. Il y a eu aussi 14 Normands, 8 Vikings, 5 Bretons et 4 extraterrestres.

Le mystère de la potion magique toujours inviolé

Bien évidemment, les irréductibles Gaulois sont responsables des coups dans une écrasante majorité des cas (87,1 %). Et tout aussi logiquement, les deux protagonistes de la bande dessinée, Astérix et Obélix, se taillent la part du lion : 57,6 %. Une trentaine de blessures (32, soit 4,5 %) ont néanmoins été l’œuvre de Romains et une, celle d’un pirate, affirment les scientifiques de l’université Heinrich Heine de Düsseldorf (Allemagne).

Autres données plus ou moins absurdes « révélées » par l’étude : 70,5 % des victimes portaient un casque au moment de la blessure, « même si la plupart d’entre elles l’ont perdu à cette occasion ». Les chercheurs ont également mis en lumière le fait qu’un « agent dopant, appelé « la potion magique » » a été absorbé avant 83 % des attaques. S’ils ont été incapables de trouver la composition de cette substance, ils certifient qu’elle contient du gui et « donne une force surhumaine à quiconque la boit ». « En fait, tous les agresseurs qui ont avalé de cette mixture ont infligé des traumatismes bien plus sévères à leurs victimes », poursuit l’étude.

390 cas sévères et 89 modérés

Après s’être basés sur l’échelle de Glasgow, qui détermine l’état de conscience d’un blessé, les scientifiques ont déterminé 390 cas comme « sévères » et 225 comme « légers ». Quatre-vingt-neuf ont été jugés « modérés », et, heureusement, aucun n’a été classé comme mortel ou ayant entraîné des dommages cérébraux permanents. L’équipe, emmenée par le professeur Marcel Kamp, a aussi indiqué que 696 blessures sont le résultat de la force pure. Les huit autres sont dues à une strangulation.

« Les déficits neurologiques, tels que l’aphasie et la désorientation, peuvent durer entre quelques jours et plusieurs mois, expliquent encore les chercheurs. Cependant, dans la plupart des cas, les symptômes s’améliorent au bout de quelques minutes, au pire quelques heures. » Et les auteurs de conclure ensuite par cette phrase totalement loufoque : « Cette analyse est absolument fantastique, parce qu’elle révèle que les conséquences des blessures traumatiques au cerveau étaient pires autrefois qu’aujourd’hui et parce qu’on a procédé à aucun diagnostic ni aucune procédure médicale pour le démontrer. »

« Une analyse stimulante »

Quelques scientifiques ont d’ailleurs salué cette remarquable avancée. Karl Schaller, professeur de neurochirurgie à l’université de Genève (Suisse), a ainsi rendu hommage aux scientifiques allemands pour leur « analyse stimulante ». Il a notamment apprécié la partie sur l’absence de casque. « L’importance du casque de protection a bien été soulignée par les auteurs de cette étude, explique Karl Schaller. Les Romains auraient dû considérer cette question avec bien plus de sérieux. »

Le chercheur suisse suggère maintenant aux universitaires de Düsselfdorf d’étendre leurs recherches. « Il serait intéressant de comparer ces résultats avec ceux d’autres héros plus récents, tels la panthère rose, en se servant, pourquoi pas, d’une perspective transatlantique, détaille-t-il. En attendant, n’oublions pas de bien sangler nos casques. »

Ils sont fous ces scientifiques…

(d’après The Guardian)

Sur le même sujet, lire aussi : Un roman policier britannique contient en moyenne 8,38 morts.

Partagez cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.